jeudi 30 avril 2026

Ghana/agriculture : le gouvernement lance le programme Feed Ghana pour mettre fin aux importations de tomates du Burkina, estimées à 148,64 milliards FCFA par an

Chaque année, pour satisfaire la consommation des ménages et les besoins de l’industrie, le Ghana dépense 148,64 milliards FCFA, soit 4 milliards de GH₵, pour importer des tomates en provenance du Burkina Faso. Une situation que le gouvernement entend renverser avec le lancement du programme Feed Ghana (Nourrir le Ghana), dévoilé ce week-end

Ce projet, piloté par le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, vise à faire du Ghana un grand producteur de différentes spéculations agricoles dont le pays dépend encore largement de l’extérieur. « Chaque année, nous dépensons 4 milliards de GH₵ pour l’importation de tomates en provenance du Burkina Faso. Si le Burkina Faso est capable de produire des tomates, comment se fait-il que nous ne puissions pas le faire ici au Ghana, malgré le sol fertile que nous avons et toute la dotation agricole ? », s’est interrogé Eric Opoku, ministre ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture.

Ce vaste programme agricole comprend notamment des projets d’irrigation, la construction d’une usine de transformation du soja, ainsi qu’un système décentralisé de stock tampon. Il prévoit également la création de 50 centres de services aux agriculteurs dans différents districts agricoles. Le premier sera implanté dans le district d’Atebubu-Amantin, l’une des principales zones de production alimentaire du pays.

À travers ce programme, inscrit dans la politique agricole nationale, les autorités ghanéennes ambitionnent de transformer en profondeur l’économie nationale. Pour y parvenir, elles misent sur la fertilité des sols et l’abondance des pluies dont bénéficie le pays.

La stratégie ne s’arrête pas aux tomates. Le gouvernement vise également l’autosuffisance en légumes via l’initiative Eurybia, qui cible les poivrons, les oignons et les tomates. Actuellement, le Ghana importe chaque année près de 9 milliards FCFA (240 millions GH₵) d’oignons du Niger, tandis que les dépenses liées au poivre atteignent 111,48 milliards FCFA. Dans le cadre d’Eurybia, une entreprise de transformation de légumes a été sollicitée pour absorber la production locale.

Par ailleurs, l’exécutif a lancé un programme intitulé Irrigation pour la création de richesses, dont la première phase couvre huit régions du pays. Elle concernera 10 000 hectares de terres. Pour soutenir la transformation locale du soja, un partenariat a été conclu entre le ministère de l’Agriculture et un investisseur privé en vue de construire une usine dans le nord du pays. L’État détiendra 40 % du capital social de cette unité industrielle.

Dans cette dynamique, la Ghana National Buffer Stock Company a été restructurée et ses services décentralisés à travers des bureaux régionaux afin de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer l’accès au marché.

Ce qu’il faut savoir sur la filière tomate au Burkina Faso et la politique de transformation engagée par le gouvernement

La politique ghanéenne de réduction des importations de tomates intervient à un moment où le Burkina Faso s’efforce également de structurer sa propre filière, en misant sur la transformation locale. Le pays produit plus de 300 000 tonnes de tomates par an, dont une grande partie était jusqu’ici exportée à l’état brut, principalement vers les pays côtiers comme le Ghana.

Pour inverser cette tendance et valoriser davantage la production nationale, le gouvernement burkinabè, à travers l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) et ses partenaires techniques comme SCOOP-CA/Bâtir l’avenir, a lancé plusieurs initiatives en faveur de la transformation locale, aussi bien pour l’exportation que pour la consommation intérieure.

C’est dans ce cadre qu’a été mise en service, à Bobo-Dioulasso, une usine de transformation de tomates exploitée par la Société burkinabè de tomates (SOBTO). Une autre unité industrielle, cette fois portée par la SOFATO, est également opérationnelle à Yako, dans la province du Passoré. Ses premiers concentrés sont déjà disponibles sur le marché national. D’autres projets sont en cours, notamment la construction d’une usine à Tenkodogo, dans la région du Centre-Est.

Par Léon Yougbaré

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