Au Ghana, les consommateurs peuvent enfin souffler. La Banque centrale (BoG) a annoncé un plafonnement des frais dits « facultatifs de l’émetteur » (OIF) à 2 % pour les transactions par carte multidevises. Cette décision, assortie d’une exigence de transparence totale sur les frais bancaires, vise à lutter contre les pratiques opaques qui minent la confiance du public dans le système financier.
Le gouverneur de la BoG, Dr Johnson Asiama, a présenté ces mesures lors d’une rencontre avec les dirigeants des banques commerciales. Il a dénoncé une « ère des frais cachés » qui aurait trop longtemps pénalisé les consommateurs, en particulier ceux qui utilisent leurs cartes à l’international. Ces frais, prélevés sur les achats en devises étrangères, pouvaient atteindre jusqu’à 4 % du montant payé, souvent sans que le client en ait conscience au moment de l’achat.
Avec la montée en puissance du commerce électronique et des voyages à l’étranger, de plus en plus de Ghanéens utilisent des cartes multidevises, devenues une source importante de revenus pour les banques… mais aussi de frustration pour les clients. Le plafonnement des OIF et l’obligation de divulgation préalable de tous les frais avant validation des transactions marquent un tournant dans les relations entre banques et usagers.
Dr Asiama reconnaît que les banques supportent certains coûts réels dans le traitement des paiements en devises, mais il juge inacceptable que le manque de clarté prive les clients de la possibilité de faire des choix éclairés. Il élargit même sa critique à d’autres pratiques bancaires problématiques, notamment le prélèvement d’intérêts sur des comptes de crédit inactifs. Selon lui, certaines situations où les intérêts dépassent le capital initial constituent des abus qui faussent la rentabilité réelle des portefeuilles et violent les principes de transparence et d’équité.
En renforçant ainsi la protection des consommateurs, la Banque centrale du Ghana entend restaurer la confiance dans le système bancaire. Pour les établissements financiers, cette nouvelle ère impose plus de discipline… et plus de transparence.
Par Drissa Ouattara



