L’économie ghanéenne confirme sa trajectoire de redressement. À l’issue d’une mission de dix jours à Accra, le Fonds Monétaire International (FMI) et les autorités ghanéennes ont trouvé un terrain d’entente sur la cinquième revue du programme triennal appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cette entente, conclue sous la direction de Ruben Atoyan, chef de mission du FMI, reste soumise à l’approbation du Conseil d’administration du Fonds. Une fois validée, elle ouvrira la voie à un nouveau décaissement de 267,5 millions de DTS, soit environ 385 millions de dollars US.
Ce décaissement portera à près de 2,8 milliards de dollars US le total des financements obtenus par le Ghana depuis le lancement du programme en mai 2023. Ce dernier, d’un montant total de 3,2 milliards de dollars US, vise à restaurer la stabilité macroéconomique et à soutenir les réformes structurelles du pays.
Les performances économiques du Ghana dépassent les attentes. Selon le FMI, la croissance du premier semestre 2025 s’est accélérée, tirée par le dynamisme du secteur des services et la bonne tenue de l’agriculture. Les exportations d’or et de cacao ont contribué à un excédent du compte courant supérieur aux prévisions, tandis que la monnaie nationale, le cedi, s’est appréciée sensiblement au cours du premier semestre.
Pour 2026, la croissance devrait atteindre 4,8 %, tandis que l’inflation devrait se stabiliser dans la fourchette cible de la Banque du Ghana (8 % ± 2 %), permettant un assouplissement graduel de la politique monétaire.
Sur le plan budgétaire, le pays enregistre des progrès notables. Sur les huit premiers mois de 2025, le Ghana a dégagé un excédent primaire de 1,1 % du PIB, proche de l’objectif annuel de 1,5 %. Le gouvernement prévoit de maintenir cette discipline en 2026, conformément au nouveau cadre de responsabilité budgétaire.
Des réformes structurelles sont également en cours pour renforcer la collecte des recettes, améliorer la gestion des finances publiques et consolider la crédibilité budgétaire du pays.
Le FMI salue les efforts entrepris pour résoudre les problèmes chroniques du secteur énergétique. Le gouvernement a renégocié les contrats d’achat d’électricité avec les producteurs indépendants, introduit des ajustements tarifaires trimestriels et renforcé les paiements à travers le mécanisme dit « Cash Waterfall ».
Sur le plan de la dette, Accra enregistre aussi des progrès. Après la signature d’un protocole d’accord avec le Comité des créanciers officiels dans le cadre du Cadre commun du G20, des accords bilatéraux ont été conclus avec cinq pays. Les discussions se poursuivent avec les créanciers privés pour achever la restructuration globale. Selon le FMI, la trajectoire de la dette s’est « sensiblement améliorée », signe d’un retour progressif vers la viabilité à long terme.
La Banque du Ghana, profitant de la baisse de l’inflation, a réduit son taux directeur de 650 points de base à 21,5 %, amorçant ainsi une phase d’assouplissement monétaire. Parallèlement, elle a élaboré avec le FMI un nouveau cadre de gestion des opérations de change pour mieux réguler les flux de devises et stabiliser le marché.
Le système bancaire fait également l’objet d’une réforme en profondeur. Une stratégie de restructuration et de recapitalisation des banques publiques est en cours, et devrait s’achever d’ici fin 2025. Des mesures sont prises pour réduire les prêts non performants et renforcer le cadre de gestion de crise financière.
Les autorités ghanéennes maintiennent leur engagement en faveur d’une gouvernance plus transparente et d’une administration plus efficace. Le rapport d’évaluation diagnostique de la gouvernance sera publié dans les prochaines semaines. Le FMI encourage la poursuite des efforts de transparence, notamment dans la gestion des entreprises publiques des secteurs de l’or, du cacao et de l’énergie.
Par Drissa Ouattara



