La Banque centrale du Ghana a abaissé ce mercredi 30 juillet 2025 son principal taux d’intérêt de 28 % à 25 %, soit la plus forte réduction jamais décidée par le Comité de politique monétaire. Cette décision marque un tournant dans la lutte contre l’inflation, qui ralentit nettement depuis plusieurs mois.
Selon le gouverneur Johnson Asiama, cette orientation pourrait se poursuivre si la tendance désinflationniste reste confirmée. « À l’avenir, le comité continuera d’évaluer les données et réduira probablement davantage le taux directeur si la tendance se maintient », a-t-il déclaré à la presse. Les projections publiées en juillet anticipent une inflation contenue dans la cible de 8 % (+/- 2 points) d’ici fin 2025, soit plus tôt que prévu initialement.
L’inflation a déjà reculé à 13,7 % après avoir atteint 18,4 % en mai. Ce repli spectaculaire s’explique par l’appréciation du cedi face au dollar et par la baisse des taux des bons du Trésor. La monnaie ghanéenne s’est envolée de 40 % depuis le début de l’année, soutenue par les réformes mises en œuvre dans le cadre du programme avec le Fonds Monétaire International. Discipline budgétaire, amélioration de la note souveraine, restructuration de la dette et flambée du prix de l’or, dont le Ghana est le premier producteur africain, ont renforcé les réserves de change et consolidé la devise.
Pour contenir les pressions sur le cedi, le gouvernement a également durci les règles : limitation des contrats en devises et interdiction d’afficher les prix de biens et services en monnaie étrangère. Avec cette décision historique, la Banque centrale du Ghana envoie un signal clair : la politique monétaire se détend, mais sous haute surveillance, dans un contexte où la stabilité de la monnaie reste l’un des piliers de la reprise économique.
Par Drissa Ouattara



