Au Ghana, l’inflation des prix à la consommation est tombée à un chiffre pour la première fois depuis août 2021, marquant un tournant important pour la reprise économique du pays. Selon le Service statistique du Ghana, le taux d’inflation en glissement annuel a reculé à 9,4 % en septembre 2025, contre 11,5 % le mois précédent, poursuivant une série de neuf mois de baisses consécutives.
Cette décélération s’explique principalement par une modération des prix alimentaires, dont l’inflation est passée de 14,8 % en août à 11 % en septembre. L’inflation non alimentaire a également légèrement reculé, s’établissant à 8,2 % contre 8,7 % le mois précédent. Ces chiffres dépassent déjà l’objectif annuel fixé par le gouvernement, offrant un soulagement aux ménages et aux entreprises confrontés à une pression prolongée sur les prix.
Dans ce contexte, la Banque du Ghana a ajusté sa politique monétaire. Le Comité de politique monétaire (MPC) a annoncé en septembre une réduction de 350 points de base du taux directeur, le ramenant de 25 % à 21,5 %. « Il s’agit de la deuxième baisse majeure des taux en 2025 », a souligné le Dr Johnson Asiama, gouverneur de la Banque du Ghana. « Cette décision reflète une baisse soutenue des pressions inflationnistes et l’attente d’une consolidation budgétaire continue. »
Cette politique vise à stimuler le crédit et soutenir la reprise économique en cours. Avec une inflation désormais inférieure à 10 %, la banque centrale adopte une position prudente mais favorable, conciliant stabilité des prix et objectifs de croissance.
Pour les analystes, le retour à une inflation à un chiffre renforce la confiance des consommateurs et pourrait encourager les investissements, à condition que la discipline budgétaire et les réformes structurelles se poursuivent. Après des années marquées par des chocs mondiaux et des déséquilibres internes, l’économie ghanéenne semble ainsi amorcer une trajectoire plus stable et prometteuse à l’approche du dernier trimestre 2025.
Par Amhed Coulibaly



