Le Parlement ghanéen a approuvé, en procédure d’urgence, un projet de loi qui introduit une taxe supplémentaire de 1 cedi ghanéen (soit environ 56 FCFA) sur chaque litre de carburant vendu dans le pays. Objectif affiché : mobiliser des ressources pour rembourser les 3,7 milliards de dollars de dettes (soit environ 2 124 milliards de FCFA) qui plombent le secteur énergétique.
Présenté par le ministre des Finances, le Dr Cassiel Ato Forson, le texte prévoit de lever 5 milliards de cedis par an, soit environ 280 milliards de FCFA, afin de régler les arriérés dus aux producteurs indépendants d’électricité (IPP), aux fournisseurs de carburant et autres acteurs clés du secteur. Il s’agit aussi, selon le gouvernement, d’assurer un approvisionnement stable en électricité dans le pays.
« Le secteur de l’énergie est aujourd’hui la principale menace économique et budgétaire du Ghana », a averti le ministre, en soulignant que l’incapacité à honorer les paiements envers ENI Karpowership, a déjà eu des conséquences sévères. En 2024, le pays a perdu deux garanties essentielles : l’une de 512 millions de dollars apportés par la Banque mondiale via l’Association internationale de développement (IDA), et l’autre de 120 millions de dollars par la Ghana National Petroleum Corporation (GNPC). Pour les rétablir, Accra devra mobiliser 632 millions de dollars (soit près de 385 milliards de FCFA).
Plutôt que d’inclure le coût élevé du carburant dans les tarifs d’électricité, ce qui aurait pu provoquer une hausse de 50 % des prix pour les consommateurs, le gouvernement dit avoir opté pour cette taxe spécifique. « Elle servira de financement direct à l’achat de carburant pour la production électrique, sans alourdir les factures des ménages », a expliqué Dr Forson.
Et pour rassurer les automobilistes, le ministre promet que cette taxe n’aura aucun effet à la pompe, grâce à la bonne tenue du cedi ghanéen. « Les consommateurs ne paieront pas plus pour l’essence ou le diesel », a-t-il affirmé.
Par Drissa Ouattara



