La Guinée-Bissau et le Fonds Monétaire International (FMI) ont trouvé un terrain d’entente sur les politiques économiques et financières dans le cadre de la neuvième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cette conclusion marque une nouvelle étape dans la coopération entre Bissau et l’institution de Bretton Woods, même si plusieurs défis persistent sur le plan budgétaire et structurel.
Selon la note de l’institution, une mission du FMI, conduite par Niko Hobdari, chef de mission pour la Guinée-Bissau, a séjourné à Bissau du 23 septembre au 3 octobre 2025. À l’issue des discussions, un accord au niveau des services a été conclu, sous réserve de la mise en œuvre des mesures préalables convenues et de l’approbation du Conseil d’administration du Fonds.
L’accord initial, approuvé le 30 janvier 2023, portait sur un montant de 28,4 millions de DTS, soit environ 37,3 millions de dollars US (près de 24,5 milliards de FCFA). Une révision intervenue le 29 novembre 2023 avait relevé l’accès total aux ressources à 39,76 millions de DTS, soit 140 % de la quote-part du pays.
Selon M. Hobdari, la conclusion de la neuvième revue permettra le décaissement de 2,36 millions de DTS, soit environ 3,2 millions de dollars US (2 milliards de FCFA), ce qui portera le total des décaissements à 37,4 millions de DTS, soit 51,3 millions de dollars US (33,6 milliards de FCFA).
Sur le plan économique, la croissance du pays est estimée à 5,5 % en 2025, tirée par une forte production de noix de cajou – principale exportation du pays – et une amélioration des termes de l’échange. La consommation et l’investissement privés demeurent les moteurs de cette expansion, bien que le déficit budgétaire devrait être plus important qu’attendu en raison d’une baisse des recettes publiques.
Le FMI note que la performance du programme reste contrastée : sur les dix critères de performance quantitatifs (CPQ) fixés pour juin 2025, sept ont été atteints. Toutefois, la masse salariale a légèrement dépassé les objectifs, et les plafonds zéro sur les dépenses non régularisées et certaines dépenses communes ont été franchis. Malgré ces écarts, les autorités poursuivent la mise en œuvre des réformes structurelles, même si plusieurs d’entre elles accusent du retard.
Face aux tensions budgétaires de 2025, causées par des recettes inférieures aux prévisions et des dépassements de dépenses au premier semestre, le gouvernement s’est engagé à adopter des mesures correctives afin de limiter le déficit à 4,2 % du PIB. Pour 2026, des réformes supplémentaires sont prévues pour accroître les recettes intérieures et maîtriser les dépenses, avec pour objectif un déficit ramené à 3,5 % du PIB.
À moyen terme, la Guinée-Bissau mise sur des réformes structurelles de fond pour soutenir une croissance inclusive et diversifiée : amélioration de la gouvernance, lutte contre la corruption, investissements dans les infrastructures et sécurisation de l’approvisionnement énergétique. Sur le plan fiscal, le pays devra rationaliser les exonérations, accélérer la réforme de l’administration fiscale et renforcer la mise en œuvre de la nouvelle TVA. Le FMI recommande également une meilleure gestion des risques liés aux entreprises publiques et au secteur bancaire, ainsi qu’un recours accru à des financements concessionnels pour préserver la soutenabilité des finances publiques.
Par Drissa Ouattara



