La Banque du Ghana a décidé de maintenir son taux directeur à 28 %, une mesure jugée nécessaire pour poursuivre la lutte contre l’inflation et renforcer la stabilité monétaire du pays.
L’annonce a été faite vendredi dernier à Accra par le gouverneur de la Banque centrale, Dr Johnson Asiama. Ce dernier a expliqué que cette décision était motivée par les dernières prévisions économiques qui montrent un ralentissement de l’inflation, soutenu par une politique monétaire stricte et une relative stabilité du cedi face aux principales devises.
En avril 2025, l’inflation globale s’est repliée à 21,2 %, soit une baisse de 2,6 points par rapport au début de l’année. Cette tendance est attribuée, selon le gouverneur, à une combinaison de facteurs : la politique monétaire restrictive, une meilleure gestion des liquidités, la baisse des prix du carburant et la stabilité du cedi.
Dr Asiama a précisé que l’inflation devrait atteindre l’objectif de 12 % d’ici la fin de l’année, et ce plus rapidement que prévu initialement. « Nous nous attendons à ce que l’inflation se rapproche de l’objectif à moyen terme dès le premier trimestre 2026, sauf événements imprévus », a-t-il déclaré.
Malgré ces avancées, le Comité de politique monétaire estime que l’inflation reste trop élevée et qu’il est nécessaire de maintenir le taux directeur inchangé pour consolider cette tendance baissière.
Autre point notable, le cedi a connu une performance impressionnante depuis le début de l’année. Au 21 mai, il s’était apprécié de 24,1 % par rapport au dollar, 16,2 % face à la livre sterling et 14,1 % contre l’euro. Une embellie que le gouverneur explique par le resserrement de la politique monétaire, un regain de confiance des investisseurs, des réserves de change historiques, une discipline budgétaire accrue et un contrôle renforcé du marché des changes.
Enfin, le secteur extérieur du pays montre des signes positifs, avec un excédent provisoire de 2,1 milliards de dollars sur la balance courante au premier trimestre 2025. Cette performance est portée par la hausse des prix de l’or et du cacao, l’augmentation des exportations et la solidité des envois de fonds des expatriés.
Par Drissa Ouattara



