Le Ghana poursuit sa stratégie de redressement financier en signant un accord bilatéral de restructuration de sa dette avec le Royaume-Uni. Ce compromis, conclu avec l’agence britannique UK Export Finance (UKEF), étend sur 15 ans le remboursement de la dette bilatérale et ouvre la voie à la relance de projets d’infrastructures d’une valeur d’environ 170 millions de livres sterling, soit 207 millions de dollars.
Cet accord s’inscrit dans le cadre commun du G20 pour la restructuration de la dette, auquel le Ghana a eu recours après son défaut de paiement en 2022. Le pays a déjà signé des arrangements similaires avec la France et la Chine, alors qu’il cherche à rétablir la viabilité de sa dette dans le cadre de son programme de 3 milliards de dollars conclu avec le Fonds Monétaire International.
Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a salué une « bouffée d’oxygène » budgétaire qui permettra de remettre en marche cinq chantiers suspendus depuis la crise de la dette. Parmi eux figurent la route Bolgatanga-Bawku-Pulmakom dans le nord du pays, la deuxième phase de l’échangeur d’Obetsebi Lamptey à Accra, le réaménagement du marché de Kejetia à Kumasi, la construction d’une maternité et d’un bloc pédiatrique à l’hôpital universitaire de Komfo Anokye ainsi que le corridor routier Tema-Aflao. Autant de projets destinés à améliorer les infrastructures de transport et de santé, tout en renforçant les corridors commerciaux.
« Nous nous sommes redressés, mais nous ne sommes pas encore totalement sortis du bois. Nous avançons donc avec prudence », a déclaré le ministre lors de la cérémonie de signature à Accra, rappelant que l’inflation commence à refluer et que la croissance donne des signes de reprise.
Du côté britannique, John Humphrey, commissaire au commerce pour l’Afrique, a souligné que cette restructuration reflétait « la confiance, le partenariat et l’ambition partagée » entre Londres et Accra. Il a ajouté que l’accord devrait « débloquer jusqu’à 170 millions de livres sterling supplémentaires pour achever des projets d’infrastructure clés réalisés par des exportateurs britanniques, créant des emplois et consolidant les fondations de l’économie ghanéenne ».
En tout, la restructuration avec le Royaume-Uni porte sur environ 256 millions de dollars. Elle s’ajoute à l’accord provisoire obtenu avec les créanciers bilatéraux et aux discussions en cours avec les détenteurs des 13 milliards de dollars d’euro-obligations du pays.
Pour Accra, la relance des projets financés par l’UKEF constitue un signal fort : celui d’une reprise de confiance avec ses partenaires. « Cet accord envoie un message clair aux autres créanciers bilatéraux qui n’ont pas encore signé », a insisté M. Forson, convaincu que ces avancées contribueront à générer rapidement des dividendes économiques, notamment par la création d’emplois et la stimulation de l’activité.
Par Amhed Coulibaly



