lundi 16 février 2026

Le prix du cacao retombe à 6 035 dollars la tonne sur le marché international, en baisse de 50% par rapport à son prix de décembre 2024

Le prix du cacao vient de plonger à son plus bas niveau en près de deux ans, mettant fin à une envolée historique qui avait propulsé le marché à des records et bouleversé l’industrie du chocolat à travers le monde.

Selon les données de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), la tonne de fèves s’échange désormais autour de 6 035 dollars contre plus de 12 000 dollars en décembre 2024. Cette dégringolade de 50 % marque la fin d’un cycle haussier inédit. Sur le marché de Londres, les cours ont chuté d’environ 58 % depuis leur sommet d’avril 2024, où ils avaient atteint 4 262 dollars la tonne.

Les analystes attribuent ce retournement brutal à un reflux de la demande mondiale sous l’effet de la flambée des prix du chocolat, mais aussi à l’amélioration des perspectives de récolte en Afrique de l’Ouest. Le retour de conditions climatiques plus favorables et la revalorisation des prix d’achat aux producteurs en Côte d’Ivoire et au Ghana ont contribué à apaiser les craintes d’un déficit d’offre.

Cette correction met un terme à la tension provoquée en 2022 par un choc d’approvisionnement majeur dans les deux premiers pays producteurs mondiaux, qui assurent ensemble près de 60 % du cacao mondial. À l’époque, la sécheresse, les maladies et des années de sous-investissement avaient comprimé la production, faisant exploser les prix à terme.

Aujourd’hui, les signes d’un retour à l’équilibre se multiplient. Les pluies sont revenues après une saison sèche exceptionnellement précoce, réduisant le risque d’une nouvelle mauvaise campagne. Les prévisionnistes anticipent même un excédent sur la récolte 2025-2026, ouverte le 1er octobre.

Les gouvernements d’Afrique de l’Ouest ont par ailleurs relevé de manière significative les prix versés aux producteurs afin de stimuler la production locale. En Côte d’Ivoire, le taux garanti a été augmenté de plus de 25 % à environ 5 000 dollars la tonne tandis qu’au Ghana, il atteint désormais 4 600 dollars. Ces ajustements devraient encourager les planteurs à vendre par les circuits officiels, à investir dans l’entretien des vergers et à replanter de nouveaux cacaoyers.

Malgré la chute récente, les observateurs restent prudents. Peu anticipent un retour aux niveaux d’avant 2023, lorsque le cacao se négociait entre 2 000 et 3 000 dollars la tonne. Les fondamentaux demeurent fragiles : vieux vergers, maladies persistantes et incertitudes climatiques continuent de menacer la stabilité de l’offre.

Par Drissa Ouattara

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