Entre 2019 et 2023, les Émirats arabes unis (EAU) se sont imposés comme les principaux investisseurs en Afrique, avec un montant total de 110 milliards de dollars consacrés à divers projets. Selon Middle East Monitor, 72 milliards de dollars de cette somme ont été répartis aux énergies renouvelables, positionnant les Émirats devant des acteurs traditionnels comme le Royaume-Uni, la France et la Chine.
Les entreprises émiraties ont joué un rôle clé dans cette expansion économique. DP World de Dubaï exploite six ports en Afrique, tandis qu’Abu Dhabi Ports a consolidé sa présence dans des pays comme la Guinée, l’Égypte et l’Angola. En Zambie, International Resource Holdings, une société liée au cheikh Tahnoon bin Zayed, a investi 1,1 milliard de dollars pour prendre une participation majoritaire dans Mopani Copper Mines. Ces investissements illustrent une stratégie de diversification visant à réduire la dépendance au pétrole et au gaz tout en renforçant l’influence des Émirats dans les secteurs des infrastructures et des énergies vertes.
Cependant, cette dynamique n’est pas sans défis. En Zambie, les difficultés financières de la société publique ZESCO ont retardé des projets solaires. Par ailleurs, des questions de transparence entourent certains investissements. Un rapport de Swissaid a révélé qu’entre 2012 et 2022, 115,3 milliards de dollars d’or ont été exportés vers Dubaï sans être comptabilisés, suscitant des interrogations sur la légalité de ces transactions.
Malgré ces controverses, les liens économiques entre les Émirats et l’Afrique continuent de se renforcer. Le ministère de l’Économie des ÉAU a indiqué que le pays est le quatrième investisseur mondial en Afrique, avec un total de 60 milliards de dollars injectés à ce jour. En retour, plus de 21 000 entreprises africaines opèrent aux Émirats, témoignant d’une coopération économique croissante entre les deux régions.
Par Ouattara



