La Côte d’Ivoire a procédé, le 9 septembre 2025, à une nouvelle opération d’émission de titres publics sur le marché financier régional de l’UMOA. L’opération, qui portait sur un montant global de 40 milliards FCFA, a enregistré un intérêt notable des investisseurs, bien que toutes les soumissions n’aient pas été retenues.
L’émission concernait à la fois des Bons Assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 357 jours et des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 3, 5 et 7 ans. Cette structuration visait à répondre à des besoins variés de financement, alliant court terme, moyen et long terme. Au total, les investisseurs ont formulé des soumissions pour 44,5 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,19 % par rapport au montant recherché. Toutefois, seulement 35,5 milliards FCFA ont été retenus, soit un taux d’absorption de 79,76 %.
Dans le détail, 39,1 milliards FCFA sur 39,1 milliards soumissionnés ont été rejetés, assortis d’un taux d’intérêt de 6,88 %. À l’inverse, les soumissions sur les maturités longues ont été entièrement absorbées : 3,5 milliards, 5 milliards et 1,8 milliard respectivement pour les OAT à 3, 5 et 7 ans. Les taux d’intérêt appliqués ressortent à 7,37 %, 7,17 % et 7,4 % respectivement.
La répartition par pays montre une forte domination des investisseurs ivoiriens, qui ont absorbé 33,2 milliards FCFA des titres émis. Cette tendance confirme la prédominance des acteurs domestiques dans le financement des besoins budgétaires de la Côte d’Ivoire, en dépit de la vocation régionale du marché. Le Sénégal, le Bénin et le Burkina sont les autres souscripteurs, bien qu’avec des soumissions modestes, s’établissant respectivement à 1,2 milliard, 1 milliard et 50 millions FCFA. Les propositions maliennes de 3 milliards n’ont pas été acceptées.
Si l’opération du 9 septembre illustre la confiance des investisseurs dans la signature ivoirienne, la non-retenue d’environ 9 milliards FCFA de soumissions révèle une sélectivité accrue du Trésor face aux conditions financières.
Par David Yaméogo



