mercredi 18 février 2026

Microfinance au Burkina : les créances en souffrance passent de 34,67 milliards de FCFA à 30,08 milliards FCFA à fin décembre 2024

Le secteur de la microfinance au Burkina Faso poursuit sa dynamique de croissance, confirmant son rôle clé dans le financement de l’économie nationale. À travers 120 structures réparties sur l’ensemble du territoire, il enregistre une progression notable de ses principaux indicateurs, bien que la rentabilité demeure un point d’ombre.

Au 31 décembre 2024, le nombre de membres des systèmes financiers décentralisés (SFD) a atteint 1 934 878, contre 1 905 644 à la fin du troisième trimestre. Cette hausse de 29 234 membres en trois mois est portée en grande partie par les hommes (+12 515), suivis des femmes (+9 653) et des personnes morales (+7 066).

L’encours des dépôts a également suivi cette tendance haussière, passant de 457,49 milliards de FCFA à fin septembre à 469,78 milliards de FCFA en décembre. De même, l’encours des crédits a progressé de 382,39 milliards de FCFA au troisième trimestre à 406,46 milliards de FCFA en fin d’année. Quant aux crédits décaissés, ils affichent une croissance marquée, atteignant 188,58 milliards de FCFA contre 149,49 milliards trois mois plus tôt.

Cependant, cette expansion s’accompagne d’une dégradation des indicateurs de rentabilité. La rentabilité sur fonds propres, censée dépasser 15%, s’effondre à 1,9%, en recul de 1,17 point par rapport au trimestre précédent. Le rendement sur actif, normalement supérieur à 3%, tombe de 0,61% à 0,38%. L’autosuffisance opérationnelle, qui doit atteindre au moins 130%, chute à 102,65% contre 105,92% au trimestre précédent. La marge bénéficiaire, qui devrait dépasser 20%, recule de 3,1 points pour s’établir à 2,58%, tandis que le coefficient d’exploitation, censé être inférieur ou égal à 60%, grimpe à 76,25%.

Malgré ces performances contrastées, certains acteurs tirent leur épingle du jeu. Sur les 10 ratios prudentiels encadrant le secteur, 11 structures de microfinance respectent désormais l’ensemble des normes, contre seulement cinq au trimestre précédent. Par ailleurs, le nombre de microfinances respectant les principaux ratios s’élève à 31, contre 30 précédemment.

Autre évolution notable : l’amélioration de la qualité du portefeuille. Les efforts consentis ont permis d’enrayer la hausse des crédits en souffrance, amorcée depuis le début de l’année 2024. Les créances en souffrance ont reculé à 30,08 milliards de FCFA, contre 34,67 milliards au trimestre précédent, soit un taux de 7,4%. Toutefois, ce niveau reste au-dessus de la norme sectorielle fixée à un maximum de 5%.

Par Ouattara

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