vendredi 13 février 2026

Nigeria : la raffinerie de Dangote exporte plus d’un milliard de litres d’essence en trois mois, tout en améliorant la disponibilité du carburant pour le marché nigérian

Un an après le lancement de sa production d’essence, la raffinerie de Dangote marque un tournant dans l’histoire énergétique du Nigeria. Entre juin et début septembre 2025, l’usine a déjà exporté plus de 1,1 milliard de litres de Premium Motor Spirit (PMS), tout en approvisionnant régulièrement le marché intérieur.

Aliko Dangote, président-directeur général du groupe, a présenté ce bilan lors d’une conférence lundi, affirmant que l’installation avait mis fin à près de cinquante ans de files d’attente devant les stations-service. « Depuis 1975, le pays est confronté à des pénuries récurrentes. Aujourd’hui, les Nigérians assistent à une nouvelle ère », a-t-il déclaré.

D’une capacité de 650 000 barils par jour, la raffinerie a permis de stabiliser l’offre nationale et de générer des devises grâce aux exportations. Ce projet pharaonique, mené malgré le scepticisme des experts et des autorités, aurait pu tourner au désastre financier. « Si cela avait échoué, les banques auraient saisi nos actifs. Mais nous avons cru au Nigeria et en l’Afrique », a confié Dangote.

L’impact se fait déjà sentir sur les prix. Le litre d’essence, qui atteignait environ 1 100 nairas avant la mise en service, s’établit désormais à 841 nairas dans plusieurs États, notamment au sud-ouest, à Abuja, dans le Delta, à Rivers, à Edo et à Kwara. Dangote se dit confiant quant à une baisse progressive à l’échelle nationale, avec le déploiement de camions fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC).

La raffinerie s’accompagne aussi d’un volet social majeur. Le groupe déploie 4 000 camions GNC, créant près de 24 000 emplois. Les salariés bénéficient de salaires compétitifs, supérieurs de trois fois au minimum légal, ainsi que de régimes d’assurance et de retraites. « Nous n’avons supprimé aucun poste. Au contraire, nous en créons de nombreux autres », a insisté Dangote.

Pour l’avenir, l’homme d’affaires prévoit d’augmenter la capacité de production à 700 000 barils par jour dès la deuxième année. Son ambition est de faire du Nigeria la plaque tournante du raffinage africain, premier exportateur mondial de polypropylène et acteur majeur dans la production d’engrais. Mais il appelle aussi à une politique industrielle plus ferme : « Dépendre des importations, c’est exporter des emplois et importer de la pauvreté. Le Nigeria doit s’industrialiser pour garantir son avenir économique. »

Par Amhed Coulibaly

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