mercredi 29 avril 2026

Nigeria : le gouvernement multiplie par cinq le capital minimum des compagnies d’assurance pour renforcer le secteur

Le gouvernement fédéral du Nigeria a imposé une hausse spectaculaire des exigences en matière de capital pour les compagnies d’assurance, donnant aux opérateurs un délai de 12 mois pour se conformer sous peine de perdre leur licence. La directive, émise par la Commission nationale des assurances (NAICOM), s’inscrit dans le cadre de la nouvelle loi sur la réforme de l’industrie de l’assurance promulguée début août par le président Bola Ahmed Tinubu.

Selon ce nouveau cadre, les assureurs non-vie devront porter leur capital de 1,11 à 5,55 milliards de FCFA, les assureurs-vie de 0,74 à 3,7 milliards de FCFA et les réassureurs de 3,7 à 12,95 milliards de FCFA. L’objectif affiché est de renforcer la capacité du secteur à assumer des risques, améliorer le règlement des sinistres et restaurer la confiance des investisseurs.

« Un secteur de l’assurance bien capitalisé permet aux assureurs de prendre des risques plus importants, offre aux entreprises la confiance nécessaire pour se développer et crée la stabilité dont l’économie a besoin », explique Ikeoluwa Alabi, analyste chez Afrinvest West Africa. « La recapitalisation, combinée à l’application de l’assurance obligatoire, conduit à des bilans plus solides, une meilleure capacité de paiement des sinistres et une plus grande confiance du public. »

La réaction du marché a été immédiate et positive. L’indicateur suivant les actions d’assurance à la Bourse nigériane (NGX) a terminé en hausse de près de 8 %, tandis que l’indice All-Share reculait de 0,1 %, traduisant l’optimisme des investisseurs pour ce segment dans un contexte de volatilité globale.

Cette directive s’inscrit dans un programme de réforme économique plus large, porté par le président Tinubu, visant à faire passer l’économie nigériane de 243 milliards de dollars à 1 billion de dollars d’ici 2030. Parmi les autres mesures, figurent une multiplication par dix des exigences de fonds propres des banques, un assouplissement du contrôle des changes, la suppression des subventions aux carburants et une réforme fiscale.

Pour garantir la transparence et la bonne mise en œuvre de la recapitalisation, la NAICOM a mis en place un comité de 11 membres chargé de superviser l’approvisionnement et la vérification du capital, afin de s’assurer que les assureurs atteignent les nouveaux seuils par des moyens légitimes et durables.

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Cette réforme pourrait également provoquer une vague de fusions et acquisitions, les petites compagnies cherchant à consolider leurs ressources pour répondre aux nouvelles exigences. Les dirigeants du secteur ont exprimé leur soutien, soulignant que ces mesures pourraient accroître la pénétration de l’assurance et aligner le Nigeria sur les standards internationaux.

Les nouveaux seuils de fonds propres remplacent des exigences qui dataient de 2007, restées inchangées malgré l’inflation et la multiplication des risques opérationnels. La réforme introduit également une approche fondée sur les fonds propres et le risque, permettant aux entreprises d’ajuster leur capital en fonction de leur profil de risque, tout en respectant les minimums légaux.

Par Drissa Ouattara

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