dimanche 17 mai 2026

Nigeria : le PIB rebasé bondit à 244 milliards de dollars en 2024, avec une économie désormais dominée par les services et l’agriculture

Le Nigeria, géant économique du continent, a opéré un réajustement majeur dans sa comptabilité économique. Selon un rapport publié le lundi 21 juillet 2025 par le Bureau national des statistiques (BES), le produit intérieur brut (PIB) nominal du pays s’est établi à 372 800 milliards de nairas en 2024, soit environ 244 milliards de dollars, sur la base d’un taux de change de 1 dollar = 1 529,04 nairas. Ce chiffre résulte d’un exercice de rebasage, qui actualise l’année de référence pour le calcul du PIB à 2019, contre 2010 précédemment.

Le BES précise que cette révision a entraîné une hausse globale de 41,7 % des estimations nominales, bien que moins marquée que celle de 59,7 % observée lors du précédent rebasage. À titre de comparaison, le PIB nominal rebasé pour 2019 atteint désormais 205 090 milliards de nairas (soit 134 milliards de dollars), contre 213 630 milliards en 2020, 243 300 milliards en 2021, 274 230 milliards en 2022, et 314 020 milliards en 2023.

Sur le plan réel, la croissance du PIB rebasé affiche une contraction de -6,96 % en 2020 en raison de la pandémie, suivie d’une reprise progressive : 0,95 % en 2021, 4,32 % en 2022, 3,04 % en 2023 et 3,38 % en 2024.

L’analyse sectorielle révèle des transformations notables dans la structure de l’économie nigériane. L’agriculture, qui avait connu une croissance de 2,66 % en 2020, conserve une dynamique positive avec 1,69 % en 2024. Mais c’est désormais le secteur des services qui affiche la croissance la plus soutenue : +4,43 % en 2024, contre +2,80 % pour l’industrie.

Cette évolution se reflète aussi dans la répartition sectorielle du PIB : avec la nouvelle base 2019, l’agriculture représente 25,83 % du PIB contre 22,12 % auparavant, tandis que les services passent de 50,22 % à 53,09 %. L’industrie, en revanche, voit sa part reculer à 21,08 %, contre 27,65 % selon les anciennes données.

Autre fait marquant : l’immobilier progresse au troisième rang des plus grands contributeurs au PIB, dépassant le secteur du pétrole brut et du gaz naturel, désormais relégué à la cinquième place. Cette montée en puissance de l’immobilier s’explique par une meilleure prise en compte de l’activité informelle.

Lire aussi : Finances publiques : Le Nigeria engage des réformes fiscales profondes, avec à la clé la création d’un tribunal d’appel de l’impôt et d’un médiateur fiscal – Horonya finance

Selon le BES, la contribution du secteur informel à l’économie est passée de 41,4 % à 42,5 %, renforçant la crédibilité des données économiques globales. Les principales activités économiques en 2024 sont la production agricole (17,58 %), le commerce (17,42 %), l’immobilier (10,78 %), les télécommunications (6,78 %) et le pétrole et gaz naturel (5,85 %).

Le choix de 2019 comme nouvelle année de base repose sur son statut de période de stabilité économique relative, contrairement aux années suivantes perturbées par des chocs majeurs comme la pandémie de COVID-19 et la volatilité des prix du pétrole. Avec ce rebasage, le Nigeria se dote d’un outil statistique plus en phase avec les réalités actuelles de son économie, permettant une meilleure formulation des politiques économiques et une attractivité renforcée auprès des investisseurs.

Par Drissa Ouattara

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet