mercredi 29 avril 2026

Nigeria : le rebasage du PIB fait chuter le ratio d’endettement à 39,4 %

Le Nigeria améliore sa stratégie de gestion de dette publique. Grâce au rebasage de son produit intérieur brut (PIB), le pays a vu son ratio dette/PIB reculer à 39,4 % au premier trimestre 2025, contre 52,13 % avant l’exercice. Une performance essentiellement comptable, mais qui améliore l’image du pays auprès des bailleurs et des marchés.

Le Bureau national des statistiques (BNS) a procédé à une redéfinition des bases de calcul du PIB afin d’intégrer des pans entiers de l’économie jusqu’ici sous-estimés, notamment la fintech, les industries créatives, l’économie numérique ou encore une partie du secteur informel. Résultat : le PIB est désormais évalué à 140 292,9 milliards FCFA pour la période T2 2024 – T1 2025, contre 102 671,3 milliards FCFA précédemment.

Dans le même temps, la dette publique totale du pays, inchangée en valeur nominale, s’élève à 55 274,3 milliards FCFA au 31 mars 2025, répartis entre 29 141,2 milliards FCFA de dette intérieure et 26 133,1 milliards FCFA de dette extérieure. Ce niveau représente 39,4 % du nouveau PIB, un ratio qui reste sous la limite de 40 % que s’est fixée Abuja, et largement en deçà du seuil de 55 % recommandé par la Banque mondiale et le FMI.

En comparaison, au quatrième trimestre 2024, le ratio dette/PIB avait déjà chuté à 38,8 % après l’intégration des nouvelles bases, contre 52,13 % auparavant. Le rebasage a ainsi ramené la part de la dette intérieure de 26,80 % à 19,95 % du PIB, et celle de la dette extérieure de 25,33 % à 18,85 %. Le PIB rebasé à cette date était estimé à 137 943,4 milliards FCFA, pour une dette publique totale de 53 527,9 milliards FCFA.

Lire aussi : Nigeria : les réserves extérieures grimpent à 40,11 milliards de dollars en juillet 2025 – Horonya finance

Cependant, derrière cette amélioration statistique se cache une réalité plus contrastée. En glissement annuel, la dette publique a bondi de 22,8 %, passant de 45 217,8 milliards FCFA en mars 2024 à 55 274,3 milliards FCFA un an plus tard. Et d’un trimestre à l’autre, la hausse atteint 3,3 %, alimentée par de nouveaux emprunts et la dépréciation du naira, qui renchérit le service de la dette extérieure.

Dans un contexte de débats accrus sur la soutenabilité de la dette, cette baisse artificielle du ratio offre certes une marge de manœuvre au gouvernement pour emprunter davantage, notamment en vue de financer ses projets d’infrastructures. Elle pourrait également jouer en faveur d’une meilleure notation de crédit. Mais elle ne modifie en rien le poids réel de la dette ni le coût croissant de son service.

Par Amhed Coulibaly

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