Le secteur bancaire nigérian s’est affirmé comme le principal moteur de l’attraction des capitaux étrangers au premier trimestre 2025. Selon les données du Bureau national des statistiques (BNS), les banques ont attiré à elles seules 3,13 milliards de dollars, représentant plus de 55 % des flux totaux de capitaux enregistrés dans le pays.
Au total, les importations de capitaux au Nigeria ont atteint 5,64 milliards de dollars sur la période, contre 3,38 milliards de dollars un an plus tôt, soit une hausse de 67,1 %. Comparé au quatrième trimestre 2024 (5,09 milliards), cela représente également une progression de 10,9 %, traduisant un regain de confiance des investisseurs étrangers.
Trois banques concentrent 80 % des flux
Cette performance exceptionnelle du secteur bancaire repose en grande partie sur l’activité de trois grandes institutions financières internationales : Standard Chartered, Stanbic IBTC et Citibank. À elles seules, elles ont facilité 4,55 milliards de dollars d’investissements, soit 80 % des entrées de capitaux. Standard Chartered Bank arrive en tête avec 2,1 milliards de dollars, en forte hausse par rapport aux 1,17 milliard du trimestre précédent. Stanbic IBTC suit avec 1,4 milliard, en léger repli par rapport aux 2,24 milliards enregistrés au T4 2024. Citibank, de son côté, a facilité 1,05 milliard de dollars, contre 603,8 millions au trimestre précédent.
Cette concentration des flux autour de quelques acteurs bancaires confirme leur rôle de piliers dans le financement de l’économie nigériane, en particulier en matière d’investissements étrangers.
Derrière le secteur bancaire, le financement arrive en deuxième position avec 2,1 milliards de dollars (soit 37,2 % du total), tandis que la production et la fabrication ferment la marche avec seulement 129,9 millions de dollars (soit 2,3 %). Cette répartition sectorielle montre clairement la prédominance des banques comme canaux privilégiés pour l’entrée des capitaux étrangers. Elle traduit également une certaine frilosité des investisseurs vis-à-vis des secteurs productifs, encore jugés plus risqués ou moins rentables à court terme.
Du côté des pays sources de capitaux, le Royaume-Uni arrive largement en tête avec 3,68 milliards de dollars, soit 65,3 % du total. Il est suivi par l’Afrique du Sud (501,3 millions) et l’île Maurice (394,5 millions), deux centres financiers bien implantés sur le continent.
Par Drissa Ouattara



