samedi 14 février 2026

Nigeria : un plan présidentiel de 1 560 milliards FCFA pour sauver le secteur de l’électricité

Le gouvernement fédéral du Nigeria veut assainir le secteur électrique, miné depuis plusieurs années par une dette colossale. Un plan présidentiel de réduction de la dette de 1 560 milliards FCFA, vient d’être finalisé avec les sociétés de production d’électricité (GenCos), dans le but de restaurer la stabilité financière et de raviver la confiance des investisseurs.

Approuvé par le président Bola Tinubu et entériné par le Conseil exécutif fédéral en août 2025, ce plan prévoit l’émission d’obligations garanties par l’État pour apurer les arriérés dus aux producteurs d’électricité et aux fournisseurs de gaz. Il constitue la plus vaste intervention publique dans le secteur depuis plus d’une décennie.

La rencontre décisive s’est tenue le 7 octobre 2025 à Abuja, en présence du ministre des Finances et coordinateur de l’Économie, Wale Edun, du ministre de l’Énergie, Bayo Adelabu, et de la conseillère spéciale du président pour l’énergie, Olu Verheijen. Ensemble, ils ont discuté avec les dirigeants des GenCos des modalités de règlement des dettes accumulées et convenu d’engager des négociations bilatérales pour aboutir à des accords définitifs et équilibrés.

Selon un communiqué du Bureau du conseiller spécial pour l’énergie, le plan est mis en œuvre conjointement par les ministères des Finances et de l’Énergie, en collaboration avec la Nigerian Bulk Electricity Trading (NBET) Plc et d’autres acteurs du marché. L’objectif est de rétablir la santé financière des compagnies d’électricité, relancer l’investissement privé et améliorer la fiabilité de la fourniture d’énergie à travers le pays.

Le secteur, autrefois considéré comme l’un des moteurs potentiels de la croissance nigériane, a souffert d’un endettement chronique qui a freiné les investissements, affaibli les bilans des services publics et aggravé les pénuries d’électricité. Pour Tony Elumelu, président de Heirs Holdings et de Transcorp Power, cette initiative marque un tournant. « Pour la première fois depuis des années, nous assistons à un effort crédible et systématique du gouvernement pour résoudre les problèmes de liquidité du secteur », a-t-il déclaré, saluant une démarche « audacieuse et transformatrice ».

Même son de cloche chez Kola Adesina, directeur général du Sahara Group, qui estime que « cette initiative est importante à tous égards » et qu’elle envoie un « signal fort de confiance dans la réforme du secteur énergétique ».

Au-delà de l’apurement des dettes, le gouvernement y voit une réinitialisation stratégique du marché de l’électricité. En restaurant la viabilité financière des entreprises, le plan devrait permettre de moderniser les infrastructures, d’accroître la capacité de production et de garantir un approvisionnement plus stable pour les ménages et les entreprises.

« Notre objectif est de créer les conditions propices à l’investissement, à la modernisation du réseau et à l’expansion de la production », a expliqué Olu Verheijen, soulignant la volonté du gouvernement d’aligner les tarifs sur les coûts réels, de mieux cibler les subventions et de renforcer la confiance réglementaire.

Pour sa part, Wale Edun a insisté sur la portée structurelle de la réforme : « Ces réformes vont au-delà de la liquidité. Elles visent à reconstruire les fondamentaux pour que le secteur fonctionne pour les investisseurs, pour les citoyens et pour la prochaine génération. »

En parallèle, le Nigeria mise sur le développement des énergies renouvelables et sur l’exploitation accrue du gaz domestique comme carburant de transition. Le gouvernement espère ainsi bâtir non seulement la sécurité énergétique, mais aussi une souveraineté énergétique durable, positionnant le pays comme l’un des marchés les plus attractifs du continent africain dans le domaine de l’énergie.

Par Drissa Ouattara

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