L’agence internationale de notation financière Standard & Poor’s (S&P) a attribué à la République de Guinée une notation souveraine inaugurale de « B+ » avec perspective stable. Cette évaluation, selon l’agence, reflète la solidité des fondamentaux économiques du pays, la rigueur dans la gestion des finances publiques et les perspectives de croissance portées notamment par le projet intégré Simandou (mine et infrastructures).
La Guinée se positionne ainsi au-dessus de la moyenne continentale et devient la troisième économie la mieux notée en Afrique de l’Ouest. Cette notation constitue une étape clé pour la mise en œuvre du programme Simandou 2040, en facilitant l’accès du pays aux financements internationaux.
Le rapport de S&P met en évidence des perspectives économiques particulièrement dynamiques. La croissance attendue entre 2026 et 2028 pourrait atteindre près de 10 % par an, grâce aux performances du secteur minier. Déjà parmi les premiers producteurs mondiaux de bauxite et d’or, la Guinée est en passe de devenir un acteur majeur du marché mondial du fer avec le lancement imminent du projet Simandou, présenté comme la future plus grande mine de fer au monde. Ce gisement, à haute teneur (65 %), est appelé à jouer un rôle clé dans la décarbonisation de l’industrie mondiale.
S&P souligne également les réformes structurelles en cours. L’agence salue l’accent mis sur la transformation locale ainsi que les investissements en infrastructures liés à Simandou, susceptibles d’avoir des effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie. Cette vision intégrée est formalisée dans le Programme socio-économique Simandou 2040, qui vise à diversifier l’économie, moderniser les institutions, promouvoir le contenu local et renforcer le capital humain, notamment à travers l’initiative « Simandou Academy ».
Sur le plan budgétaire, S&P note une discipline renforcée. Le déficit public est attendu sous la barre des 3 % du PIB sur la période 2025-2028, soutenu par une augmentation des recettes fiscales et la digitalisation de l’administration. La dette publique, estimée à 44 % du PIB fin 2024, présente une structure favorable, avec des maturités longues et des taux maîtrisés. L’inflation, quant à elle, a reculé à environ 3,5 % contre 11 % en moyenne entre 2020 et 2022.
L’agence met également en avant les solides partenariats internationaux de la Guinée, tant avec les bailleurs multilatéraux qu’avec les acteurs privés. Les négociations en cours avec le Fonds monétaire international pour un nouveau programme sont considérées comme un facteur de stabilité supplémentaire.
Par ailleurs, la Guinée vient de finaliser un exercice de rebasage de son PIB. Conduit par l’Institut national de la statistique, avec l’appui d’AFRISTAT, du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, ce travail a permis de réévaluer le PIB nominal de 2024 à 36,3 milliards de dollars, soit une hausse de près de 50 %. Ce rebasage positionne la Guinée comme la deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest francophone et fait passer le taux d’endettement à 30,5 % du PIB. S&P prendra en compte ces nouvelles données dès sa prochaine revue.
L’État guinéen s’est félicité de cette notation inaugurale qui constitue une étape décisive dans le déploiement du programme Simandou 2040. Selon Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet du président de la République et président du Comité stratégique de Simandou : « Ce rebasage nous offre également une base solide pour mieux planifier, mieux investir et accroître l’attractivité de la Guinée auprès des investisseurs ».
L’attribution de la notation « B+ » par Standard & Poor’s marque une étape décisive dans le positionnement économique de la Guinée sur la scène internationale. Elle consacre les efforts de réforme engagés par les autorités, tant sur le plan économique, institutionnel que budgétaire. En facilitant l’accès aux marchés financiers et en renforçant la crédibilité du pays auprès des investisseurs, cette notation ouvre de nouvelles perspectives pour le financement des grands projets structurants, à commencer par Simandou.
Par Bernadette W. Gansonré



