lundi 16 février 2026

« Nous avons mis en place cet événement afin d’explorer les opportunités, non seulement en matière d’emploi, mais aussi de création de solutions innovantes destinées à favoriser le développement interne des entreprises. » Monique Sandra WHETE, promotrice du Forum du Digital

En marge de la deuxième édition du Forum du digital, qui se tiendra du 7 au 8 mars 2025 à Ouagadougou, Monique Sandra WHETE, promotrice dudit forum et fondatrice du cabinet Digit’art, dévoile, à travers une interview accordée à notre rédaction, tous les contours de cet événement majeur du monde du numérique au Burkina Faso.

Pouvez-vous nous parler du Forum du digital et de ses avantages ?

Le Forum du digital en est à sa deuxième édition. C’est un événement qui se veut incontournable au Burkina, notamment dans le développement de l’écosystème entrepreneurial et au sein des entreprises burkinabè. Les avantages de ce forum résident dans la mise en relation des différents acteurs qui impactent de près ou de loin le domaine du digital. Il faut aussi noter que le digital touche tous les secteurs d’activité, qu’il s’agisse des mines, du transport, de la logistique, etc. C’est dans cette optique que nous avons mis en place cet événement afin d’explorer les opportunités, non seulement en matière d’emploi, mais aussi de création de solutions innovantes destinées à favoriser le développement interne des entreprises.

Avant de continuer, pouvez-vous nous préciser la définition du digital ? Beaucoup confondent digital et internet.

Il est vrai que de nombreuses personnes assimilent le digital aux réseaux sociaux, mais il faut noter que le digital est avant tout un support intégré aux différents départements d’une entreprise. On en parle surtout dans le marketing, le commerce et la communication : marketing digital, communication digitale, digital management au sein d’une entreprise ou d’une startup. En résumé, le digital est un outil permettant d’optimiser une stratégie et de déployer des actions commerciales sur les plateformes numériques. Il existe plusieurs types de plateformes digitales, notamment le display, les sites web, l’emailing, le blogging et les réseaux sociaux.

Quelles sont les opportunités offertes par le digital ?

Je vais surtout insister sur l’employabilité, car nos jeunes se posent souvent des questions sur la pertinence du digital dans leur avenir professionnel. Aujourd’hui, le digital crée de nouveaux métiers comme celui de consultant médias, chargé d’analyser les performances des médias et de proposer des recommandations aux entreprises. Nous avons aussi les digital managers, responsables de la mise en œuvre d’une stratégie numérique globale au sein des entreprises ou des startups. Le community manager, souvent perçu à tort comme un simple photographe, gère en réalité la communauté des plateformes numériques de l’entreprise. Il ne faut pas le confondre avec le social media manager, qui s’occupe spécifiquement des réseaux sociaux, ni avec le content manager, expert en création de contenu optimisant la visibilité et la notoriété de l’entreprise. Ce forum mettra en lumière toutes ces opportunités d’emploi ainsi que les solutions permettant aux entreprises d’améliorer leur productivité.

D’où vous est venue l’idée de créer un tel événement ?

L’idée m’est venue lorsque j’étais étudiante au Sénégal. Très active dans la vie sociale universitaire, j’ai eu l’opportunité de participer à un forum où j’ai échangé avec l’ancien président du Sénégal, Macky Sall. Ce premier forum du numérique au Sénégal a été le déclic de ma passion pour le digital. J’ai ensuite approfondi mon expertise en Europe et, réfléchissant à la manière dont je pouvais apporter une valeur ajoutée à l’Afrique, j’ai décidé de créer un événement dédié au digital dans mon pays, le Burkina Faso. Depuis la première édition, nous sommes sur une très bonne dynamique.

Justement, en parlant de la première édition, quel bilan en tirez-vous et quelles sont vos attentes pour la seconde ?

Malgré de nombreuses difficultés, nous avons pu organiser la première édition grâce au soutien de mentors de qualité. Nous avons éveillé la curiosité, y compris celle des membres du gouvernement, qui ont salué l’initiative. L’une des inquiétudes était la pérennité de l’événement, mais avec cette seconde édition, nous confirmons notre engagement. L’an dernier, nous avons atteint 80 % de notre objectif en termes de mobilisation, avec environ 150 participants. Cette année, nous espérons atteindre 300 participants et impacter davantage la jeunesse, car elle représente les futurs leaders et managers. Il est essentiel de leur donner la parole et de créer une synergie pour travailler ensemble.

Quels sont les objectifs de cette édition ?

Nous voulons attirer davantage de startups et ouvrir le forum à d’autres pays. Cette année, nous accueillerons trois startups invitées. L’accent sera mis sur les solutions intégrant l’intelligence artificielle, d’où la mise en place d’un espace d’exposition en complément de l’espace networking existant. Ces innovations constituent les principales nouveautés de cette édition.

Quelles sont les autres activités prévues pour cette édition ?

Nous organiserons une conférence inaugurale animée par trois experts, ainsi qu’une remise de distinctions à trois personnalités ayant marqué le domaine du digital dans divers secteurs. Une prestation artistique est également prévue. Nous mettrons en avant l’impact des femmes dans le digital à travers un panel entièrement féminin. Après le panel, les participants seront invités à échanger avec les startups exposantes dans l’espace networking et autour d’un cocktail. Notre objectif est de connecter startups, grandes entreprises et investisseurs afin d’accélérer le développement de projets innovants.

Qui peut participer au Forum du digital ?

Tout le monde ! Étudiants, entreprises, cadres, startups, porteurs de projets, et même les entrepreneurs informels qui n’ont pas suivi un cursus académique spécifique. Nous voulons offrir à tous la possibilité de se former et de monter en compétences. La MasterClass du 8 mars permettra aux participants d’acquérir des connaissances pratiques. Un suivi sera également mis en place pour les aider à implémenter les stratégies abordées.

Y a-t-il des conditions pour participer ?

L’accès est totalement gratuit. Nous souhaitons que chacun puisse rejoindre cette communauté du digital en pleine expansion. Il suffit de s’inscrire via nos plateformes en ligne, car les places sont limitées. Avec la forte mobilisation estudiantine, les invités d’honneur et les autorités attendues, nous devons gérer l’affluence de manière organisée.

Disposez-vous de stands d’exposition ?

Oui, mais ils sont presque tous réservés. La participation pour obtenir un stand est de 30 000 francs CFA. Nous pourrons en ajouter en fonction de la demande.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Burkinabè ?

J’espère une forte mobilisation du public burkinabè. Nous sommes dans une ère où même le gouvernement encourage la digitalisation des processus internes. Plus nous serons nombreux à participer, plus nous pourrons développer des solutions innovantes pour nos entreprises et attirer des investisseurs internationaux dans le secteur du digital. J’invite donc tout le monde à répondre présent.

Je tiens à remercier nos sponsors, qui nous ont fait confiance dès la première édition et qui continuent de nous soutenir. Merci également au gouvernement pour son accompagnement, ainsi qu’à son Excellence, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, patron de cette édition, et au Dr Inoussa Traoré, notre mentor depuis l’année dernière.

Interview réalisée par Bernadette W. Gansonré

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