Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) poursuit sa montée en puissance. Déployé à ce jour dans 15 pays africains, il est désormais adopté par leurs banques centrales et connecté à plusieurs institutions commerciales. Cette dynamique, saluée lors des 32es Assemblées annuelles d’Afreximbank à Abuja, est présentée comme une avancée stratégique vers une Afrique plus intégrée financièrement et moins dépendante du dollar américain.
Pour le Dr Yemi Kale, économiste en chef du groupe Afreximbank, les résultats sont déjà tangibles : grâce au PAPSS, les coûts de transaction intra-africaine ont chuté jusqu’à 50 %. « Cette réduction des coûts est un soutien direct à l’ambition de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », a-t-il affirmé devant les participants réunis à Abuja.
Lancé pour fluidifier les paiements transfrontaliers en monnaie locale, le PAPSS est aujourd’hui opérationnel dans des pays tels que le Nigeria, le Ghana, le Kenya, la Guinée ou encore la Zambie. Mais au-delà de cette avancée technologique, Afreximbank insiste sur l’urgence d’harmoniser les systèmes de paiement et les cadres juridiques du continent. Objectif : débloquer les chaînes de valeur et faciliter le commerce, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME).
Car c’est bien là que le bât blesse. Le déficit de financement du commerce en Afrique est toujours estimé entre 100 et 120 milliards de dollars, un gouffre qui freine la pleine participation des entreprises locales à l’économie régionale et mondiale. « Il est impératif de développer des instruments financiers adaptés aux PME et de renforcer le soutien bancaire à l’échelle régionale », plaide Kale.
Malgré les défis, quelques signes encourageants émergent. Le commerce intra-africain a atteint 220 milliards de dollars, affichant une progression de 12,4 % en 2024, contre 5,9 % un an plus tôt. Un bond attribué aux réformes en cours et à l’entrée en scène d’outils comme le PAPSS.
Mais les obstacles restent nombreux : lourdeurs administratives, barrières réglementaires, infrastructures vétustes ou encore coûts logistiques élevés. Des réalités qui compliquent l’accès des PME au commerce régional. D’où l’appel réitéré du Dr Kale en faveur d’investissements massifs dans les infrastructures et d’un environnement réglementaire plus cohérent à l’échelle continentale.
Par Drissa Ouattara, Abuja, Nigeria



