En prélude à la deuxième édition de la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement (SEI), prévue les 7 et 8 février 2025 dans la capitale burkinabè, nous avons rencontré Christophe Yaméogo, Directeur général de l’agence conseil en marketing et communication Impulsion , spécialisée dans l’accompagnement des clients pour relever des défis de croissance et de visibilité. En plus de cela, l’agence organise également des événements, dont la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement, qui constitue le sujet central de cette interview. Lisez cet entretien pour découvrir tous les contours de cet événement majeur.
Horonya Finance (HF) :Dans un mois, la Semaine de l’Épargne ouvrira ses portes. Pourriez-vous nous parler de son importance ainsi que de ses avantages pour les participants ?
Christophe Yaméogo (C.Y) : D’abord, pour comprendre son importance, il faut savoir ce qu’est la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement. La SEI est une plateforme dédiée à l’éducation financière du grand public. Notre objectif est de permettre aux populations d’acquérir les fondamentaux en matière d’éducation financière et les compétences nécessaires pour gérer leur argent et prendre de bonnes décisions financières. Participer à la SEI, c’est apprendre à maîtriser les bases de la gestion budgétaire, de l’épargne et de l’investissement pour renforcer son autonomie financière. Cela permet aussi de découvrir des opportunités d’investissement accessibles, car beaucoup pense qu’il faut de grands moyens pour investir, alors qu’on peut commencer avec le minimum que l’on possède, à condition d’avoir la bonne information.
La SEI offre également une plateforme pour rencontrer des acteurs de différents secteurs financiers, notamment la banque, la microfinance, la bourse et les fonds d’investissement. Tous ces acteurs seront présents pour fournir des informations fiables et utiles à ceux qui en ont besoin. Que vous soyez salarié, indépendant, entrepreneur ou autre, tant que vous générerez des ressources et avez des revenus, la SEI vous concerne.
H.F : D’où vous est venu l’idée de mettre en place ce concept ?
C.Y : Cela vient d’abord d’une expérience personnelle. Lorsque j’ai commencé ma carrière d’entrepreneur, il y a 15 ans, j’ai rencontré des défis liés à la gestion de l’argent. À mes débuts, j’ai fait de nombreuses erreurs jusqu’à ce qu’un aîné me recommande la lecture du livre L’homme le plus riche de Babylone en 2014. Ce livre m’a fait prendre conscience de l’importance de l ‘éducation financière. Cela m’a aussi permis de mieux comprendre des événements dans mon entourage familial, où j’avais vu des proches perdre beaucoup d’argent à cause de mauvaises décisions dues au manque d’éducation financière, avec un impact lourd sur la famille.
En observant autour de moi, je me suis rendu compte que beaucoup d’autres personnes présentent des situations similaires. Je me suis alors demandé ce qui pouvait être fait pour que le grand public ait accès aux bonnes informations et apprenne à gérer ses finances et à choisir les bons véhicules d’investissement.
Parallèlement, en tant qu’entrepreneur, je m’interrogeais sur l’existence d’une science permettant de prospérer. Mes recherches m’ont convaincu qu’il existe effectivement des méthodes, mais c’est à chacun de les adopter. L’idée de créer ce salon a été mûri à travers des voyages et des événements similaires dans d’autres pays. Le premier salon, prévu pour 2020, a été annulé à cause de la COVID-19. Nous avons décidé de le lancer finalement en 2022, avec une première édition en 2024. La deuxième édition se tiendra les 7 et 8 février 2025.

H.F : Plus haut, vous avez mentionné le manque d’éducation financière comme principal obstacle à l’épargne et à l’investissement. Ne pensez-vous pas que le véritable problème est plutôt le manque de ressources financières ?
C.Y : Non, et archi-non. C’est une erreur commune. On pense qu’il faut avoir de l’argent pour gérer, alors qu’en réalité, il faut savoir gérer pour en avoir. Si vous ne savez pas gérer un revenu de 50 000 FCFA, vous ne saurez pas non plus gérer 100 000 FCFA. C’est pourquoi, même avec des augmentations de salaire, certaines personnes continuent de rencontrer des difficultés financières.
En éducation financière, moins on a des revenus, plus on doit apprendre à gérer. Cela permet de résister aux pressions sociales et de se concentrer sur ses objectifs. Certes, commencer avec un revenu faible est plus difficile, mais la progression est possible. Le véritable problème, c’est souvent le refus d’accepter sa situation et d’appliquer les solutions nécessaires.
Par exemple, si vous gagnez 50 000 FCFA par mois, vous ne pouvez pas vivre dans une maison qui coûte le même montant. Vous devez envisager des sacrifices, comme partager un logement, pour économiser et atteindre le palier suivant. Ceux qui refusent de faire ces sacrifices creusent leur propre fosse. Résultat : surendettement et incapacité à faire face aux dépenses.
H.F : Quels sont les objectifs visés par la présente édition ?
C.Y : Pour cette deuxième édition, nous avons décidé de mettre l’accent sur une plaie qui ronge notre société, notamment les escroqueries et les arnaques, qui peuvent affecter négativement le portefeuille de nos concitoyens. Au cours de cette édition, nous allons permettre aux participants d’identifier tout ce qui relève de l’arnaque et de l’escroquerie pour éviter de perdre leur argent.
À côté de cela, nous allons poursuivre ce que nous faisons d’habitude, à savoir des formations en gestion budgétaire, des conseils en matière d’épargne, et des solutions en matière d’investissement. Tous les acteurs du secteur financier seront présents : banques, assurances, microfinances, bourse et bien d’autres, pour partager et échanger avec les participants.
C’est une opportunité à saisir. Par exemple, si je vous dis que vous pouvez investir en bourse à partir de 5 000 francs, est-ce que vous me croirez ? C’est pourtant possible. Mais 5 000 francs, est-ce une somme que vous pouvez mobiliser ? Si l’on regarde nos dépenses quotidiennes, on constate souvent qu’on dépense 5 000 francs sans même s’en rendre compte. C’est à chacun de décider : se priver maintenant pour jouir plus tard, ou jouir maintenant pour se priver plus tard.
Dans l’investissement, il s’agit de savoir quel prix vous êtes prêt à payer. Voulez-vous payer maintenant ou plus tard ? Si vous choisissez de ne pas payer le prix aujourd’hui, vous le paierez demain, car, dans tous les cas, il faudra un jour s’acquitter de ce prix. Pour ma part, je pense qu’il est plus judicieux de payer maintenant. Vous êtes en pleine forme, dans la fleur de l’âge, cela vous permet, plus tard, lorsque vous aurez moins de force et d’énergie.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solutions pour les personnes déjà d’un âge avancé. Il y en a toujours, mais il faut se faire accompagner par des professionnels, comme des conseillers financiers. C’est ce que nous essayons d’apporter aux gens. Il n’est jamais trop tard, quel que soit l’âge. Lors de nos formations, notamment les master-class, nous percevons souvent des participants dire : « Si j’avais su cela quand j’avais 30 ans » ou « Si j’avais appris ça il ya 10 ans ». Cela montre que le manque d’information sur les solutions existantes pousse les gens à vivre autrement.
Nous rencontrons également des personnes qui disent avoir de l’argent ou de l’épargne mais ne savent pas quoi en faire. Certaines ont la capacité d’épargner mais ignorent comment investir. À l’inverse, il y en a qui veut aller trop vite, espérant des gains exorbitants. Ces personnes courent le risque de perdre leur épargne en croyant à des promesses irréalistes. Nous avons vu beaucoup de nos concitoyens, mal informés, se laisser prendre à des arnaques comme le trading ou d’autres systèmes frauduleux qui ont fait scandale. Aujourd’hui, certaines ont perdu non seulement leurs économies, mais aussi des crédits contractés pour investir.
Tout cela montre un manque d’éducation financière. Une personne ayant des bases en éducation financière prend des risques mesurés, diversifie ses investissements, et ne met jamais tous ses œufs dans le même panier. Ces notions s’apprennent, et c’est ce que nous transmettons.
Pour investir dans l’immobilier, par exemple, il y a des stratégies à connaître. De même pour la bourse : il existe des méthodes et des experts capables de vous accompagner pour maximiser vos gains. Si vous voulez économiser, mais ne savez pas comment, nous vous aiderons en proposant des outils. Nous mettrons en place des mécanismes et des clubs d’épargne, où chacun pourra s’engager. Ce sera l’occasion de se fixer des défis mutuels, car il est souvent difficile de se discipliner seul. En groupe, cela devient plus facile. Ces innovations seront au cœur de cette deuxième édition.
H.F : Parlant de la Bourse, nous avons tendance à croire qu’elle profite plus aux personnes un peu posées financièrement. C’est en fait décourageant de savoir qu’en mettant, par exemple, la somme de 5 000 FCFA, tu ne te retrouves qu’avec 700 comme gain à la fin de l’année. Qu’avez-vous à dire à ce propos ?
C’est parce que vous n’avez pas compris le principe de la Bourse. Si vous avez compris, si toutes les choses vous avaient été bien expliquées, vous comprenez en fait quelle est la stratégie à mettre en place. Il ne s’agit pas juste de mettre les 5 000 et de s’asseoir. Ça ne fonctionne pas ainsi. Il faut approcher les experts du domaine pour vous accompagner. Vous décidez de mettre 5 000 francs chaque mois ? D’abord, est-ce que vous pensez que vous pouvez mettre 5 000 francs chaque mois ? Si oui, à chaque fois que vous mettez cette somme, elle rapporte de l’argent plus les intérêts de la dernière fois. Donc, au fur et à mesure, il y a le principe de ce qu’on appelle l’intérêt composé : l’argent de ton argent produit des intérêts.
En Bourse, on est capable de te dire que si tu procèdes de cette façon, à partir de telle période, si tu fais ça pendant un certain nombre d’années, tu auras tant à telle date. Ça peut être 100, 200 millions grâce aux intérêts composés et autres. Si tu commences au début de ta carrière, disons à 20 ans, et que tu veux disposer d’un capital de 100 ou 200 millions d’ici tes 50 ans, avec l’investissement boursier ou d’autres types d’investissement, il est possible de te calculer ce que tu dois mettre par mois de côté pour qu’à cette date, les intérêts plus ce que tu as cotisé réalisent ce montant. Mais comment le sauras-tu si tu ne t’approches pas des experts financiers ? C’est cette information qu’on veut apporter au maximum.
Je ne suis ni financier, ni banquier, ni assureur, mais je sais que ce sont des choses qui peuvent servir à nos concitoyens. C’est la raison pour laquelle nous avons imaginé la semaine de l’épargne. Quand nous sommes est allé voir les partenaires financiers pour leur dire : « Voici ce que nous voulons mettre en place », c’est bon pour vous et c’est bon pour la population. C’est aussi l’opportunité pour la population de pouvoir discuter en bâtons rompus avec vous, et comprendre les tenants et les aboutissants de vos services, ainsi que leur rentabilité.
Quand on parle d’investissement, ce n’est pas uniquement la Bourse. Il y a plusieurs aspects qui entrent dans l’investissement. Même souscrire à un produit d’assurance, c’est de l’investissement. Aujourd’hui, vous habitez dans une maison en location et vous n’avez même pas pris la peine de l’assurer, malgré les équipements que vous avez dedans. Que ferez-vous si la maison brûle ? La notion de risque nous échappe parce qu’on pense que ça n’arrive qu’aux autres, jusqu’au jour où ça nous arrive. Alors qu’avec 15 000 francs, tu peux protéger ton matériel pour une année. Et dans ce cas, même si le risque arrive, tu as une sécurité qui te permettra de repartir avec quelque chose, donc de ne pas recommencer à zéro.
Ce sont des choses que les gens ignorent, et c’est pour cela que, quand on leur parle de s’assurer, ils pensent que ce sont des choses de riches. Non, quelqu’un qui a travaillé dur pour se construire un patrimoine doit le protéger. L’assurance te permet de protéger votre patrimoine. Je peux me permettre de le dire parce que je ne suis pas l’un d’eux. Je n’exerce pas cela comme métier, donc je le dis par conviction et parce que je sais ce que ça rapporte. J’ai vu des gens qui ont tout perdu parce qu’ils avaient mis toutes leurs économies dans un immeuble qui a brûlé, sans aucune assurance. Pourtant, quand tu sais au moins que tu as assuré le bâtiment, ça fait mal, mais il y a quelqu’un derrière qui va payer la facture pour que tu ne repartes pas de zéro.
En gros, c’est tout ça qu’on apporte à la SEI. Pour cela, nous invitons la population de Ouaga toute entière. On aimerait bien aller partout, mais comme nous sommes à nos débuts, on commence par Ouaga. Au fur et à mesure que l’événement va grandir, nous irons dans les autres villes du pays. Nous avions pensé pouvoir le faire cette année, mais la situation ne le permet pas, notamment sur le plan financier. Nous allons poursuivre les négociations avec les partenaires et espérer que, dans les prochaines années, nous pourrons, en plus de Ouaga, aller dans des villes comme Koudougou, Bobo, Ouahigouya, Fada, Tenkodogo, etc. Parce que ce n’est pas une question de Ouagadougou, mais une question de Burkinabè et de tous ceux qui vivent sur le territoire burkinabè.
Nous voulons redonner de l’espoir aux gens et leur permettre de rêver, de croire qu’on peut construire une nation prospère grâce à ce que nous avons.
H.F : Pourriez-vous nous citer les activités phares qui sont inscrites au programme ?
C.Y : Les deux jours sont organisés en panels, en masterclass, en keynote, et l’apothéose sera le meet-up où nous allons avoir un partage d’expérience avec des devanciers qui ont su construire leur avenir financier, qui, aujourd’hui, à 60 ans, 70 ans, vivent librement grâce aux placements et aux investissements qu’ils ont su faire. L’objectif est que les plus jeunes apprennent, et que les moins jeunes, qui sont toujours en activité et souhaitent se rattraper, puissent savoir quels sont les leviers qu’ils peuvent mettre en place pour y arriver.
H.F : Quelles sont les conditions requises pour la participation ?
C.Y : La participation est gratuite, il faut juste s’inscrire. L’inscription permet de préparer les badges à l’avance. Les personnes peuvent s’inscrire directement sur nos sites web ou sur nos réseaux sociaux. Donc, s’ils vont sur nos pages et réseaux sociaux, ils verront les publications et le lien d’inscription. Ils cliquent tout simplement sur le lien pour s’inscrire.
H.F : Y at-il une date marquant la fin des inscriptions ?
C.Y : Pour l’instant, je pense que les inscriptions courent jusqu’en début février 2025, vu que l’activité est prévue le 7 ou 8 février. Je pense que jusqu’au 2 février, en principe, les gens pourront toujours s’inscrire pour prendre part à la SEI 2025. Nous n’avons pas fixé de date de fin.

H.F : Combien de visiteurs ont pris part à l’édition passée et combien sont attendus pour la présente ?
C.Y : Sur les deux jours, nous avons eu 2000 participants, plus de 2000 visiteurs. Si l’année dernière nous avons fait 2000 visiteurs, nous espérons cette année avoir le double, c’est-à-dire entre 4000 et 5000. Pour cela, nous faisons l’effort de mobiliser et de transmettre l’information au plus grand nombre, notamment en touchant certains acteurs clés de la société tels que les mutuelles, les associations, les ordres, tous ceux qui peuvent être intéressés, que ce soient les commerçants du secteur informel, les artistes, les avocats, les géographes. Tous les acteurs économiques de la société sont invités à participer à cette activité. Nous avons foi que, pour cette édition, nous pouvons atteindre entre 5000 et 10 000 personnes, avec la grâce de Dieu.

H.F : Les visiteurs viennent uniquement du Burkina ou d’ailleurs ?
C.Y : Lors de la première édition, les participants étaient principalement des Burkinabè. Cependant, l’événement étant retransmis en ligne, nous avons eu beaucoup de Burkinabè de la diaspora connectés, notamment depuis les États-Unis, l’Italie, la France et l’Allemagne. Beaucoup étaient intéressés parce qu’ils cherchaient à connaître les opportunités d’investissement au Burkina, notamment dans quels secteurs ils pourraient placer leur argent. Certains veulent revenir et voulaient donc savoir quelles sont les opportunités qui s’offrent à eux.
Les exposants, nos partenaires présents, nous ont fait des retours très positifs à la fin de l’activité. Ils étaient tous satisfaits, à tel point que certains sont venus nous demander si c’était vraiment la première édition. Pour eux, l’événement était très bien organisé et tout était en place. Nous leur avons expliqué que, bien que ce soit la première édition de cet événement, l’agence qui l’organise a une solide expérience. Nous avons donc rassuré que, pour des clients souhaitant organiser des événements de manière professionnelle, ils peuvent nous faire confiance : c’est notre cœur de métier.
D’ailleurs, tous les partenaires de la première édition ont confirmé d’office leur participation pour la seconde édition. Les résultats de cette première édition ont également convaincu de nouveaux partenaires, qui ont confirmé leur présence dès le mois d’octobre. Cela montre qu’ils sont venus, ont vu et ont compris que c’est the place to be . Il faut être à la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement, car c’est l’événement majeur dédié au grand public pour tout ce qui concerne les produits et véhicules financiers au Burkina.
H.F : Vous disposez de stands ? Si oui, quelles sont les conditions ?
C.Y : Oui, nous avons en fait quatre formules de participation à la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement. Cela va des offres partenaires, qui donnent droit à une visibilité avant, pendant et après l’événement, à la participation classique. Cette dernière est l’offre d’entrée de gamme, avec un tarif de 500 000 francs CFA pour le stand. Pour ceux qui ne peuvent pas opter pour les formules partenaires, ils peuvent au moins choisir le stand à 500 000 francs CFA pour participer à la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement.
H.F : Qui peut participer à la SEI ?
Aujourd’hui, nous nous adressons à tout le monde : salariés, entrepreneurs, personnes du secteur informel, artistes… Peu importe le domaine d’activité, vous êtes concerné. Par exemple, quand on parle d’entrepreneurs, on peut dire que si tu ne sais pas gérer ton propre argent, tu ne pourras pas gérer celui de ton entreprise. Cela va de pair.
Il y aura également des solutions de financement dédiées aux entrepreneurs. C’est intéressant pour eux de participer à la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement, car les entreprises qui réussissent à générer des liquidités et qui ont une bonne trésorerie ne devraient pas laisser leur argent dormir. Il faut savoir l’investir pour qu’il rapporte encore plus.
Lors de la SEI, des solutions seront présentées pour cela. Les participants comprendront que, grâce aux efforts qu’ils ont déjà fournis, leur argent peut aussi travailler pour eux. D’où le terme : « l’argent travaille pour toi ». Il suffit d’avoir la bonne information.
H.F : Les femmes sont-elles concernées ?
C.Y : Bien sûr, on ne parle pas d’homme, on ne parle pas de femme, on parle de Burkinabè. Ici, c’est toute personne qui travaille, qui a une activité, qu’elle soit salariée ou non, et qui lui permet d’avoir de l’argent, qui est concernée. Donc, femme comme homme, tout le monde est le bienvenu.
H.F : Revenant sur l’édition passée, quelles ont été les prouesses ? Le bilan était-il satisfaisant ?
Pour la SEI 2024, je peux dire que nous sommes reconnaissants à Dieu et aux partenaires qui nous ont fait confiance, car c’était une première édition. Ils ont pris le risque de venir sur l’activité. La grâce de Dieu faisant, nous avons eu une mobilisation qui a dépassé nos attentes. Notre salle était pleine. Pour la cérémonie d’ouverture et les communications qui ont suivi, la salle était pleine. Pour les autres jours, on était autour de 80 % de remplissage de la salle. Vu la richesse des échanges, les gens posaient des questions, ils voulaient savoir, tu sentais qu’ils avaient soif d’apprendre. C’était une opportunité qu’ils cherchaient mais qui n’existait pas, et cela nous a renforcés dans l’idée que nous avons fait la bonne chose. Ce projet, c’est notre manière de rendre à la communauté ce qu’elle nous a donné. C’est aussi de laisser notre impact dans la communauté.
H.F : La présente édition regorge-t-elle des innovations majeures ?
Cette année, nous avons introduit des ateliers spécifiques, comme la finance familiale, c’est-à-dire comment un couple doit gérer ses finances. Nous aurons aussi des ateliers spécifiques pour l’initiation des enfants, comment leur apprendre à gérer leur argent, à comprendre la valeur de l’argent, les attitudes à adopter vis-à-vis de l’argent, etc. qu’il faut commencer dès le bas âge. En plus de ces ateliers thématiques pour la famille et les enfants, nous avons la plus grande innovation de cette édition : le meet-up. Nous sommes en négociation avec certains « baobabs » de l’économie burkinabè, qui partageront avec nous leur expérience, eux que nous prenons comme modèle et qui, nous l’espérons, verront en nous des dignes successeurs de l’héritage qu’ils nous aurons laissé. Aujourd’hui, l’une des choses qui nous fait défaut, c’est la patience. Je parle en tant que jeune. Nous manquons énormément de patience, nous voulons tout d’un claquement de doigts et cela nous amène souvent sur des mauvais chemins. Nous devons comprendre que tout s’obtient dans la patience, le travail et le temps.
Il y a des programmes qui seront conçus tout au long de l’année, avec des formations proposées où les gens pourront s’inscrire pour participer. Par contre, ces formations seront payantes, que ce soit pour les seniors, les adolescents ou les enfants, pour leur permettre d’acquérir des bases solides en gestion financière, car c’est la base. Tu ne peux rien faire si tu ne sais pas gérer ton argent. Peu importe ton revenu, si tu ne sais pas gérer, c’est peine perdue.
L’année dernière, il y avait ce qu’on appelait les rencontres B2B, où les participants avaient l’opportunité de discuter avec des conseillers, qu’ils soient financiers en bourse, en immobilier, en assurance ou en banque, pendant l’activité. Cet espace sera également disponible cette année.
H.F : Qu’attendez-vous du public burkinabè en particulier ?
C.Y : J’invite massivement la population à ne pas se faire conter cet événement d’utilité publique. Car une population éduquée financièrement est une population prospère. Et si nous avons des populations prospères, cela signifie que nous aurons une nation prospère. La prospérité de la nation que nous souhaitons construire commence par les personnes qui la composent. Notre mission est de permettre aux personnes vivantes sur notre territoire de devenir prospères et d’insuffler cette prospérité à notre pays, afin que, dans les années à venir, le Burkina Faso ne soit plus un pays en voie de développement. Que notre voix compte, parce qu’on sera devenue la Corée du Sud africaine, ayant révolutionné tout en un temps record. C’est cela notre vision et nous invitons les populations à venir participer à cet événement pour apprendre, découvrir toutes les solutions d’épargne et d’investissement, et aussi développer les bases pour une bonne gestion budgétaire afin d’atteindre l’autonomie financière.

H.F : Nous arrivons à la fin de notre entretien, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Je tiens déjà à remercier Horonya Finance d’avoir pris du temps pour venir s’entretenir avec nous sur l’organisation de la deuxième édition de la Semaine de l’épargne et de l’investissement. C’est un travail de longue haleine que je mène avec une équipe jeune et dynamique. Nous sommes véritablement à pied d’œuvre pour faire de cette édition un événement mémorable. Notre plus grande récompense sera, pendant ces deux jours, d’avoir du monde, que ce soit en présentiel ou en ligne. Que l’on sache qu’au Burkina, les gens ont soif de connaissance et de prospérité. À travers cet événement, mon plus grand rêve est que dans 5, 10, 20 ans, quelqu’un me dise : « Grâce à ce qu’on a appris lors de la SEI, je suis devenu ce que je suis. » Il n’y a pas de plus grande bénédiction ni de plus grande joie pour moi que cette phrase. Nous espérons également qu’avec cette interview que vous allez produire, cela incitera davantage les Burkinabè et la population Ouagalaise, en particulier, à sortir massivement pour participer à cette activité.
Par Bernadette W.Gansonré



