En 2024, les banques togolaises confirment leur solidité financière avec des performances en nette progression. Porté par une croissance maîtrisée de l’activité de crédit, une amélioration des ratios prudentiels et une rentabilité en hausse, le secteur renforce sa position au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Composé de 17 établissements de crédit, le système affiche un bilan total de 5 119,5 milliards FCFA, en progression de 6,2 % par rapport à l’année précédente. Le réseau bancaire du pays comprend 255 agences et bureaux, ainsi que 376 guichets automatiques, pour un total de 1 859 876 comptes bancaires recensés, majoritairement détenus par 1 746 597 personnes physiques contre 113 279 pour les personnes morales.
Sur le plan financier, les résultats sont tout aussi encourageants. Le produit net bancaire a atteint 212 milliards FCFA, en hausse de 2,7 %, tandis que le bénéfice net s’élève à 49,1 milliards FCFA, en progression de 11,3 % par rapport aux 44,2 milliards FCFA enregistrés en 2023. Cette performance intervient malgré une augmentation des pertes bancaires, qui ont grimpé de 25,5 % pour atteindre 4,1 milliards FCFA. Les produits bancaires globaux sont légèrement en baisse de 0,3 %, à 2 684,3 milliards FCFA. Les charges de personnel se sont élevées à 57,8 milliards FCFA, tandis que les impôts, taxes et versements assimilés représentent 5,03 milliards FCFA, auxquels s’ajoutent 10,5 milliards FCFA d’impôt sur les bénéfices.
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L’activité de crédit a également connu une dynamique soutenue. L’encours global des crédits à terme s’établit à 2 358,9 milliards FCFA, en progression de 7,4 %. Dans le détail, les crédits à court terme ont augmenté de 7,3 % pour atteindre 1 034,7 milliards FCFA, tandis que les crédits à long terme ont enregistré une hausse de 2,3 % pour se situer à 149,2 milliards FCFA. Les crédits de location-financement ont, quant à eux, doublé pour atteindre 58,2 milliards FCFA, soit une progression de 101 %. En termes de risque, les créances en souffrance brutes ont diminué de 7,4 % pour se situer à 168,8 milliards FCFA, dont 27,3 milliards de créances restructurées et 141,4 milliards de créances douteuses ou litigieuses. Sur le marché interbancaire, les créances en souffrance ont chuté de 51,6 %, passant de 12 milliards à 6 milliards FCFA.
Du côté du passif, les dépôts à terme ont totalisé 1 178,4 milliards FCFA. Les comptes d’épargne à régime spécial ont progressé de 6,7 % pour atteindre 610,5 milliards FCFA, tandis que les dépôts de garantie enregistrent une forte hausse de 31,1 % pour s’établir à 135,6 milliards FCFA. Le capital social cumulé des établissements de crédit a atteint 237,09 milliards FCFA, en hausse de 29,9 %. Ce capital est détenu à hauteur de 81,5 milliards FCFA par des nationaux, dont 44,8 milliards FCFA par l’État togolais et 36,6 milliards FCFA par des investisseurs privés. Les actionnaires non nationaux en détiennent 149,3 milliards FCFA, principalement issus de l’espace UEMOA (118,5 milliards FCFA).
Sur le plan prudentiel, les établissements de crédit opérant au Togo présentent des ratios largement conformes aux exigences réglementaires de l’UEMOA. Le ratio CET1 (fonds propres de base) s’établit à 11,1 %, pour un minimum requis de 7,5 %, tout comme le ratio Tier 1, également à 11,1 % pour une norme de 8,5 %. Le ratio de solvabilité atteint en moyenne 13,7 %, bien au-dessus du seuil réglementaire de 11,5 %, alors que le ratio de levier ressort à 5,3 %, surpassant la norme minimale de 3 %. Le coefficient de liquidité atteint quant à lui 108 %, contre une moyenne de 75 % au niveau régional. En termes d’emplois, le secteur comptait 2 808 salariés en 2024, dont 1 833 cadres et 975 employés.
Ces performances confirment le rôle central du secteur bancaire dans la dynamique économique du Togo. Dans un contexte régional encore marqué par l’instabilité, il se distingue par sa résilience et sa capacité à maintenir la confiance des investisseurs et des épargnants.
Par Leila Toé



