Le président du groupe UBA, Tony Elumelu, a lancé un appel pressant à la mobilisation des capitaux nationaux africains, estimés à plus de 4 000 milliards de dollars, afin de financer le développement du continent sans peser sur les budgets publics. L’homme d’affaires nigérian s’exprimait mercredi lors d’un séminaire intitulé « Stimuler la croissance de la productivité à l’ère numérique », organisé dans le cadre des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale.
Pour Elumelu, le déblocage de ces ressources locales par le biais de partenariats public-privé intelligents représente une opportunité majeure pour transformer les économies africaines. « Si nous pouvons mobiliser ces fonds, nous n’exercerons pas de pression sur le budget du gouvernement », a-t-il déclaré, plaidant pour une approche africaine du financement du développement.
Le président du groupe UBA a mis en lumière les défis persistants du continent, notamment la pauvreté énergétique et les retards en matière d’infrastructures numériques. Plus de la moitié des Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, a-t-il rappelé, alors même que le continent dispose d’un atout démographique considérable : plus de 60 % de sa population a moins de 30 ans. « Ils sont créatifs, énergiques et désireux de contribuer au développement du continent, mais ils font face à d’importantes contraintes de capital », a-t-il déploré.
Selon lui, la clé pour surmonter ces obstacles réside dans le renforcement de la confiance et de la responsabilité entre les gouvernements et le secteur privé. « Nous devons nous assurer que l’épargne intérieure et la mobilisation de capitaux sur le continent fonctionnent réellement pour sa population », a-t-il insisté.
Améliorer l’accès à l’électricité permettrait, selon Elumelu, de stimuler la productivité et l’emploi des jeunes, contribuant ainsi à la croissance économique mondiale. « L’inclusion n’est pas automatique, elle est délibérée. L’inclusion numérique au 21ᵉ siècle est une inclusion économique », a-t-il affirmé, estimant que la réduction des inégalités et la démocratisation de la prospérité passent par un meilleur accès aux infrastructures de base.
Enfin, le président du groupe UBA a exhorté les gouvernements africains à créer des environnements favorables à l’investissement privé, fondés sur la transparence et la bonne gouvernance. « Le gouvernement doit faire preuve de responsabilité et créer un cadre propice pour que les capitaux privés puissent se mobiliser et travailler pour les populations », a-t-il conclu.
Par Amhed Coulibaly



