Le marché des dépôts à terme (DAT) dans l’UEMOA a connu une dynamique notable en 2024, confirmant un regain d’attractivité de ce placement bancaire. En effet, les nouveaux dépôts à terme enregistrés dans les établissements bancaires de l’Union ont atteint 10 695,8 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport aux 9 583,5 milliards FCFA de 2023. Cette évolution traduit un renforcement de la confiance des agents économiques dans l’intermédiation bancaire, dans un contexte où les taux créditeurs sont repartis à la hausse.
La progression globale masque cependant des disparités significatives d’un pays à l’autre. La Côte d’Ivoire s’impose comme le principal moteur de la croissance régionale, avec une hausse de 29,6 % des nouveaux dépôts à terme, évalués à 2 951,9 milliards FCFA. Elle est suivie par le Bénin, dont les DAT ont atteint 1 721,4 milliards FCFA, soit une évolution de 18,3 %. Ensuite viennent le Togo et le Burkina Faso, avec respectivement 1 246 milliards et 1 136,6 milliards FCFA de DAT enregistrés, soit des progressions de 15,7 % et 9,5 %. Le Mali complète le top 5 avec une croissance modérée de 1,3 %, soit 549,9 milliards FCFA de DAT. À l’inverse, certains pays ont connu une contraction du volume des nouveaux dépôts, à l’image de la Guinée-Bissau (-56,2 %), du Niger (-10,8 %) et du Sénégal (-1,4 %).
L’analyse par maturité révèle que la préférence des déposants reste orientée vers les courtes échéances. Les dépôts à terme d’une durée inférieure à deux ans représentent 77,3 % du total en 2024, contre 75,8 % en 2023, en progression de 14,1 % sur un an. Les dépôts de moyen terme, compris entre 2 et 5 ans, enregistrent une hausse de 5 %, et ceux de long terme, c’est-à-dire au-delà de 5 ans, progressent de 4,5 %. Si la croissance est plus modérée sur ces segments, leur part reste stable, à respectivement 15,5 % et 7,2 %.
Sur le plan sectoriel, les sociétés non financières se démarquent nettement avec une hausse de 23 % de leurs DAT. Elles confirment leur position de premier contributeur, représentant 40,9 % des encours en 2024. Les administrations publiques suivent avec une progression de 19,8 % et une part de marché de 12,1 %. Les ménages, quant à eux, affichent une croissance plus modérée de 6,5 %, tout en maintenant leur rôle clé dans la formation de l’épargne, détenant 28 % des dépôts à terme. En revanche, les sociétés financières et les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) réduisent leur exposition de 4,4 % et 9,2 % respectivement.
Côté rémunération, le taux créditeur moyen des dépôts à terme dans l’Union s’est établi à 5,30 % en 2024, en légère hausse par rapport aux 5,25 % observés en 2023. Les sociétés financières et les ISBLSM ont bénéficié des plus fortes hausses, avec 32 points de base chacune, suivies des ménages (24 pdb) et des administrations publiques (13 pdb). En revanche, les sociétés non financières ont vu leur taux moyen se contracter de 9 points de base. Les sociétés financières arrivent en tête avec un taux moyen de 5,93 %, suivies des administrations publiques à 5,53 %.
Au palmarès des meilleurs rendements par pays, le meilleur taux a été observé au Niger, soit 5,97 %, suivi du Togo (5,75 %), du Sénégal (5,62 %), du Bénin (5,38 %), du Burkina Faso (5,11 %) et du Mali (5,01 %).
Par Léon Yougbaré



