mercredi 29 avril 2026

UEMOA : Taux d’intérêt et liquidité bancaire en repli, reprise timide du crédit à l’économie en juillet 2025

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la BCEAO a annoncé, en juin 2025, une baisse de 25 points de base de ses taux directeurs. Mais au-delà de cette orientation monétaire, ce sont surtout les évolutions des taux d’intérêt, de la liquidité et des créances intérieures qui retiennent l’attention dans la conjoncture économique récente de l’Union en juillet 2025.
Le relâchement des conditions monétaires s’est rapidement transmis aux marchés : le taux moyen pondéré des appels d’offres à une semaine est descendu à 4,12 % en juillet 2025, contre 4,40 % un mois plus tôt. Sur le marché interbancaire, le taux moyen à une semaine a reculé de 22 points de base pour atteindre 4,74 %, tandis que les transactions toutes maturités confondues se sont établies à 4,85 %, en baisse de 122 pdb sur un an.

L’enquête sur les conditions de banque révèle un taux débiteur moyen de 6,70 % en juin 2025, en recul par rapport à 6,73 % le mois précédent et 7,15 % un an plus tôt. Cette tendance concerne la plupart des pays de l’Union : Côte d’Ivoire (6,25 %), Burkina Faso (7,57 %), Bénin (7,64 %), Sénégal (5,82 %), Togo (7,51 %), Guinée-Bissau (9,46 %). À l’inverse, une légère hausse a été observée au Mali (7,42 %) et au Niger (8,85 %).

Côté épargne, les taux créditeurs sur dépôts à terme ont progressé à 5,37 % en moyenne, un niveau quasi stable par rapport à 2024 mais légèrement en hausse mensuelle. Les hausses concernent la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina et le Sénégal, tandis que le Niger, le Togo, la Guinée-Bissau et le Mali enregistrent un recul.

Sur la même période, la masse monétaire a crû de 12,7 % en glissement annuel à fin juin 2025, après 13,4 % en mai. Dans le détail, la circulation fiduciaire progresse de 16,3 %, les dépôts bancaires de 11,6 %, soit des rythmes en ralentissement par rapport au mois précédent. Ce dynamisme monétaire s’explique par la forte progression des actifs extérieurs nets (AEN), en hausse spectaculaire de 197,3 % pour s’établir à 5 546,6 milliards FCFA, conséquence directe de la mobilisation de financements extérieurs par les États membres. L’augmentation de 6,7 % à 3 928 milliards FCFA des créances des institutions de dépôt sur les unités résidentes a aussi contribué à l’embellie de la masse monétaire.

Côté créances intérieures, l’analyse montre une augmentation de 6,7 % en rythme annuel à fin juin 2025, après 6,3 % un mois plus tôt. Deux facteurs en sont responsables, à savoir la hausse des créances nettes sur l’Administration centrale et la progression des créances sur l’économie, en amélioration de 3,1 %, après 2,3 % en mai.
Dans le détail, les crédits accordés aux entreprises non financières ont renoué avec une croissance positive (+1,9 % après -0,6 %), tandis que ceux destinés aux Institutions Sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM) se sont renforcés, passant de 5,7 % à 7 %.

Par Léon Yougbaré

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