En dépit d’un recul modéré de ses produits bancaires globaux, le secteur financier ivoirien a enregistré en 2024 des performances robustes, confortant son rang de leader de la place bancaire de l’UMOA. C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel de la Commission bancaire de l’UMOA, qui fait état d’un environnement bancaire marqué par des évolutions contrastées, mais globalement positives.
La Côte d’Ivoire compte 32 établissements de crédit, dont le capital total s’élève à 691,58 milliards de FCFA, en progression de 1,3 % par rapport à 2023. Cette structure du capital reste dominée par les acteurs privés (274,38 milliards de FCFA) et les non-nationaux (275,89 milliards de FCFA), tandis que l’État détient 128,32 milliards de FCFA.
En 2024, les produits bancaires globaux ont connu une baisse de 1,5 %, pour s’établir à 2 953,07 milliards de FCFA. Toutefois, cette contraction n’a pas entamé la rentabilité du secteur : le chiffre d’affaires s’est apprécié de 10,4 %, atteignant 1 309,34 milliards de FCFA, et les bénéfices nets ont bondi de 22 %, à 536,9 milliards de FCFA.
Ce résultat s’explique par une gestion plus efficiente des charges, maîtrisées à 591,25 milliards de FCFA (+4,7 %), malgré une augmentation des frais de personnel à 258,06 milliards de FCFA (+5,8 %). Les impôts, taxes et versements assimilés ont reculé de 2,1 %, à 40,9 milliards de FCFA. Par ailleurs, la contribution fiscale du secteur s’est accentuée, avec des impôts sur les bénéfices en hausse de 68,7 %, à 83,21 milliards de FCFA.
L’année 2024 aura été particulièrement favorable au financement de l’économie, avec une hausse de 7,6 % des crédits à terme, pour un encours global de 10 947,5 milliards de FCFA. Le crédit à court terme s’est envolé de 40 %, à 4 268,53 milliards, tandis que les crédits à moyen et long termes ont progressé respectivement de 25 % et 84,4 %, atteignant 5 614,35 et 738,72 milliards de FCFA. Les crédits de location-financement, en plein essor, représentent 325,94 milliards, soit une augmentation de 36,1 %.
Côté ressources, les dépôts à terme ont crû de 1,6 %, à 3 034,22 milliards de FCFA, tandis que les dépôts de garantie reçus ont affiché une hausse remarquable de 21,9 %, à 899,34 milliards de FCFA. Les comptes d’épargne à régime spécial ont également progressé de 10 %, atteignant 2 818,95 milliards.
La couverture territoriale du secteur s’est considérablement renforcée avec 101 nouvelles implantations, portant le total à 765 agences et bureaux à travers le pays. Le réseau de distributeurs automatiques a connu une extension marquée, avec 1 200 guichets automatiques (+249 par rapport à 2023), facilitant l’accès aux services bancaires, notamment dans les zones semi-urbaines.
En 2024, le nombre total de comptes bancaires en Côte d’Ivoire a atteint 7,74 millions, dont 576 539 nouveaux comptes ouverts durant l’année. Les personnes physiques concentrent la majorité (7,42 millions), tandis que les personnes morales en détiennent 324 623, soit 72 703 ouvertures nouvelles en 2024.
Le secteur emploie 10 618 personnes, dont 6 128 cadres et 4 488 employés.
La solidité financière du système bancaire ivoirien se confirme avec des ratios prudentiels largement supérieurs aux seuils réglementaires de l’UMOA. Le ratio CET1 s’élève à 13,8 % (minimum requis : 7,5 %), le ratio T1 à 13,1 % (contre 8,5 % requis), et le ratio de solvabilité moyen atteint 14 %, bien au-delà du seuil réglementaire de 11,5 %. Le ratio de levier s’établit à 6,7 %, soit plus du double du minimum requis de 3 %.
Par Léon Yougbaré



